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Le développement
hôtelier et touristique dans le Vieux-Québec Le Comité
des citoyens du Vieux-Québec réclame
de la Ville un moratoire sur tout nouveau projet de développement hôtelier
dans le Vieux-Québec ; le temps d’une réflexion d’ensemble est venu
Québec, le mercredi 25 août 1999 –
Le Comité des citoyens du Vieux-Québec
est très sympathique à la cause que défend ces jours-ci la Coalition
XXX (donner le nom au long) en demandant qu’une réflexion d'ensemble soit réalisée
en ce qui concerne le devenir du secteur Autoroute Dufferin et Place d’Youville;
et ce, avant que des gestes structurants ne soient posés.
Malheureusement, les jeux sont faits en ce qui concerne l’hôtel que
l’on érige actuellement sur l’Îlot d’Aiguillon.
Le CCVQ n’en déplore pas moins que la Ville n’ait pas procédé à
la consultation publique portant sur l'aménagement de tout ce secteur, que
nous avons suggérée il y a plus d’un an.
Une prise de conscience des enjeux que suscitent
les projets qui affecteront la
Place d’Youville et son pourtour ne constitue qu’un des éléments d’une
problématique plus large qui doit englober tout le Vieux-Québec. Les
pressions pour le développement hôtelier (Cinéma de Paris, l’îlot
Saint-Nicolas, le stationnement utilisé par l’Inox, le quai Saint-André,
la Côte du Palais, etc..), font partie du quotidien dans le Vieux-Québec et
elles deviennent de plus en plus fortes.
Afin d’éviter d’autres sagas comme celle
qui se déroule actuellement sur l’îlot d’Aiguillon, avant qu’il ne
soit trop tard et que l’on détruise les qualités intrinsèques qui font du
Vieux-Québec un joyau du patrimoine mondial, nous suggérons qu’il est
urgent d'organiser des États généraux sur le devenir du Vieux-Québec. Quel
sera l’avenir du Vieux-Québec : un Dysneyland sans vie, déserté par les résidents,
vide de toute activité pour laisser place à quelques commerces touristiques
six mois par année? Ou : un vrai quartier authentique et vivant, conservant
et développant les qualités et les valeurs historiques et culturelles qui
ont permis à Québec d’obtenir son titre de noblesse auprès de l’Unesco;
caractéristiques que la Ville de Québec
s'est engagée à préserver à la face du monde !
La situation actuelle est telle qu’à un développement
hôtelier anarchique s’ajoute l'hôtellerie illégale, un nombre effarant de
restaurants et de commerces de babioles ouverts pour la plupart à
peine six mois par année, les autocars touristiques, etc., etc..
Des études et certains analystes de l’Office
du tourisme et des Congrès concluent que l’on fait face à un manque de
chambres dans le Vieux-Québec; et que l'ajout d’hôtels, c’est bon pour
l'avenir ! Bravo; mais de quel avenir parle-t-on? Le Comité
des citoyens du Vieux-Québec maintien pour sa part que, faute d’un
bilan d'ensemble (que seule la Ville de Québec est en mesure de fournir),
l’avenir du développement de la fonction résidentielle dans le Vieux-Québec
est mis en péril par cette pression indue et qu’il y a lieu de protéger
cette fonction, sans oublier les services de proximité qui lui sont complémentaires.
Le Comité des citoyens a toujours appuyé la
Ville pour le développement de la mixité des fonctions et pour l'atteinte
d'un équilibre qui se traduise aussi par une qualité de vie pour les résidants
(densité raisonnable, espaces publics, parcs de quartier à vocation
familiale, circulation, bruits, services de proximité, stationnement,
encadrement des événements culturels, etc.). Il ne s’agit pas de
promouvoir uniquement la fonction résidentielle -- ce qui serait évidemment
irréaliste et irréalisable -- mais bien de s’assurer que l’on atteigne
une masse critique, c’est-à-dire la densité
nécessaire à une vie de quartier authentique et à son maintien. Avant qu’il ne soit vraiment trop tard, nous
maintenons qu’il y a lieu de réaliser un bilan portant sur les dix dernières
années; et ceci afin de se doter d'une vision d’ensemble et des critères
qui nous permettrons de déterminer plus particulièrement le type d’hôtellerie
que nous voulons. Il importe de développer des outils de suivi qui nous
permettront d’atteindre les objectifs qui sont déjà inscrits dans les
plans directeurs de la Ville. À
la lumière de ces résultats, il est probable qu’une révision du zonage
d'ensemble s’avère nécessaire.
Il faudrait aussi, compte tenu des impacts sur le milieu de vie,
que tout nouveau projet d’hôtel qui sera rendu possible, une fois le zonage
révisé, fasse l'objet d'une consultation publiques; et ce, en début de
processus avant que les plans-concepts ne soient mis en oeuvre. Dans le cadre des «états
généraux» que nous incitons la Ville à tenir, le Comité des citoyens
a l'intention de travailler à l'identification de ratios indiquant que pour
«x» chambres d’hôtels, on s’oblige à prévoir «y»
logements, incluant forcément
les services de proximité. Les espaces à vocation commerciales, culturelles,
muséales ainsi que les parcs et autres espaces publics devront aussi être
considérés dans un tel ratio. Combien d'espaces disponibles à développer
restent-ils réellement dans le Vieux-Québec ? Quelles seront leurs vocations
? Voilà des questions auxquelles
il faut répondre avant d’aller plus loin. Dans l'attente des conclusions de ces «états
généraux» que nous proposons, nous réclamons à la Ville de décréter
un moratoire portant sur tout nouveau projet d’hôtel.
La Ville de Québec, ville d’accueil de l’Organisation
des villes du patrimoine mondial, se doit d’être exemplaire et de
mettre en œuvre les démarches nécessaires à la sauvegarde du patrimoine
vivant. Pour renseignements: Mme Christine Gosselin, présidente
du CCVQ, tél. 627-6362, poste 2611 Organisme à but non lucratif,
le Comité des citoyens du Vieux-Québec
(CCVQ) œuvre au maintien et au renforcement de la fonction résidentielle
dans le quartier, à l’amélioration de la qualité de vie ainsi qu’à la
protection du patrimoine bâti.
Comité
des citoyens du Vieux-Québec C.P. 600,
Succursale Haute-Ville ; Québec (Québec) G1R 4S2 |