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Dossier Place Royale MM-96-08 Place
Royale : Enjeux décisifs La
SODEC (Société de développement des entreprises culturelles) vient
d'entreprendre le parachèvement des immeubles de propriété publique de Place
Royale, non pas sur la totalité de l'îlot IV comme il était prévu, mais dans
les seules maisons Hazeur et Smith, non pas avec les crédits de 14 M$
attribués par le premier ministre Parizeau au printemps 1995, mais avec ceux de
7 M$ sauvegardés par la ministre Beaudoin un an plus tard.
Dans le budget 1996-1997 de la Culture, aucun autre projet n'a été
retenu, au chapitre des équipements culturels, que ceux de la Place Royale et
de la Bibliothèque nationale. L'ampleur
de l'intervention de parachèvement s'est rétrécie, la perspective aussi. Non seulement elle ne touche que deux maisons sur les sept de
l'ensemble concerné, mais il ne s'agit que d'implanter un centre d'accueil et
d'interprétation sans égard aux autres fonctions et à la vocation de
l'ensemble de la Place. Faut-il
consacrer le caractère de monument conféré à cette Place, ensemble
reconstitué d'éléments du régime français, où rien n'importe que d'attirer
les touristes ? Ou faut-il saisir
l'ultime chance d'infléchir ce mouvement- donné en 1970 et maintenu malgré la
remise en question de 1978 - dans le sens de l'aménagement d'un quartier urbain
historique, organiquement relié à la ville et rendu d'autant plus touristique
qu'il sera un authentique lieu patrimonial toujours habité et vivant, plutôt
qu'un décor de façades, interprété dans des salles d'exposition ? Ces
enjeux sont décisifs. Il faut espérer
que la Commission instaurée en juin par la SODEC pour la conseiller sur Place
Royale tienne des débats conséquents. D'urgents travaux de consolidation des
vestiges de la maison Hazeur ont commencé en septembre, sans engager cependant
la programmation architecturale. Celle-ci
a été confiée à une firme de services professionnels qui doit remettre son
rapport avant la fin de l'automne. Le
CCVQ veillera à ce qu'il soit public de manière que le projet de programmation
soit l'objet d'un examen vigilant et attentif des intéressés.
Un monument interprété ou un quartier urbain historique ?
La programmation adoptée pour les maisons Hazeur et Smith déterminera
l'avenir de toute la Place Royale. MM-96-09 Place
Royale : Position du CCVQ Dernièrement,
la Commission de Place Royale a invité le CCVQ à faire connaître sa position
sur le programme préliminaire qui servira à l'organisation d'un concours
national d'idées en architecture pour la restauration des maisons Hazeur et
Smith. Dans la programmation préliminaire
soumise à notre analyse, il ressort clairement que la présence du Musée de la
civilisation à Place Royale est nettement excessive. Les fonctions muséologiques
y occuperaient plus de 1800 mètres carrés, alors que quatre logements et un
commerce de services pourraient également s'y trouver. Il y a quelques années, lors de la révision du Plan directeur du
Vieux-Québec / Basse-Ville, tous les intervenants se sont entendus pour que
soit inscrit au plan les objectifs de prioriser l'habitation, de favoriser la
venue de commerces de services et de fonctions propres à créer un milieu
propice à la venue de résidants permanents.
L'implantation d'une annexe du musée ne concourra pas à l'atteinte de
ces objectifs, notamment par son ampleur qui élimine toute possibilité de créer
des logements à cet endroit. Le
CCVQ doute de l'utilité de créer à cet endroit une exposition permanente et
des expositions temporaires qui gèleront à elles seules près de 1000 mètres
carrés, de quoi réaliser trois ou quatre logements.
Un centre d'interprétation et d'animation qui n'occuperait que le
rez-de-chaussée et, à la rigueur, le premier étage de la maison Hazeur serait
nettement suffisant et pourrait remplir adéquatement les fonctions qu'on lui
destine. Le
CCVQ demande donc à la Commission de tenir des audiences publiques sur la
restauration de ces maisons. MM97-02 Consultation
bidon ? Lors
de la consultation publique du 17 février dernier, les autorités municipales
proposaient, à la demande de la SODEC, une modification au zonage de Place
Royale afin de permettre l'établissement d'un bar avec terrasse dans l'édifice
anciennement occupé par la Maison des vins. Les
citoyens et les commerçants présents ont presque tous considéré cette
proposition inacceptable. Les
premiers par crainte des inconvénients reliés aux abus et au bruit que génèrent
habituellement ce genre de commerce, et les autres pour la concurrence qu'ils
considéraient déloyale dans le contexte économique actuel.
D'ailleurs, tous les membres du Comité consultatif du Vieux-Québec et
du Cap-Blanc ont voté unanimement, ce qui est plutôt rare, contre la
proposition de modification. Cependant,
certains commerçants et, avec eux, leurs associations sont revenus sur la
position prise publiquement par leurs représentants et ont invités les élus
municipaux à autoriser la modification au zonage, ce qui a été entériné au
Comité exécutif, le 9 avril. Que
les élus passent outre, pour des raisons qui leur appartiennent, à une
recommandation unanime du Comité consultatif, bien que décevante, cela fait
partie des règles de toute consultation. Il
en est tout autrement lorsque, quelques-uns ayant décidé de changer d'idées,
les élus ne reviennent pas auprès de l'ensemble des membres pour débattre à
nouveau du dossier. Que des éléments
nouveaux surgissent, cela est possible, que tous en soient informés et soient
consultés demeure essentiel ! Le
CCVQ accepte démocratiquement de jouer les règles de la consultation publique. Il estime que les autorités municipales auraient dû, devant
cette volte-face, représenter la proposition au Comité consultatif et
solliciter à nouveau l'opinion de tous les intervenants.
Tous les citoyens et de tous les commerçants, notamment ceux qui sont
revenus sur leur décision, auraient alors pû être entendus. MM-98-03 PLACE
ROYALE : ULTIME RECOURS... Récemment, le CCVQ
s’est associé au Conseil des monuments
et sites du Québec (CMSQ) afin de tenter, dans un dernier espoir,
d’obtenir de la Commission des biens
culturels un réel débat public sur le parachèvement de la Place Royale. On sait que par le passé aucun débat que l’on pourrait
qualifier de public n’a eu lieu lors des travaux de la Commission de la Place Royale. On ne saurait se résoudre
à accepter que la revitalisation de ce secteur historique sensible se résume,
à l’encontre du plan directeur du Vieux-Québec et de la Basse-Ville, à un déploiement
muséologique par l’implantation sur la Place Royale d’une «succursale» du
Musée de la civilisation. Suite à des demandes du
CCVQ et du CMSQ et bien que l’adjudication des contrats soit très avancée,
la commission a accepté de recevoir des avis le 10 mars dernier. À cette occasion, le
CCVQ et le CMSQ ont demandé que l’on procède à des audiences publiques
avant d’entreprendre la réalisation
de ce projet. On a fait valoir
qu’aucune analyse portant sur la problématique de réhabilitation de ce
secteur n’a été réalisée. En
effet, on n’a jamais considéré l’impact de l’implantation de ce projet
sur le paysage patrimonial et culturel ni sur la qualité de vie pour les résidents
du quartier. L’avenir dira si, pour
le gouvernement et la ville, le parachèvement de la Place Royale consiste à
envahir celle-ci par une
excroissance muséologique ou si on s’appuiera sur une vision d’ensemble
prenant le parti de la qualité de vie en milieu urbain.
En d’autres mots, choisira-t-on les T-shirts, les autocars
touristiques, les commerces fermés hors saison, bref le désert urbain ou
n’optera-t-on point plutôt pour un vrai quartier urbain où l’équilibre
des fonctions serait garante d’une animation permanente et d’un milieu de
vie authentique; un quartier qui présenterait aussi par ailleurs des attraits
touristiques certains...? MM-99-02 Recommandation positive concernant la maison
Dumont-le Picart située sur la Place Royale On se souviendra que la SODEC a déjà présenté dans le passé un
projet d'utilisation des édifices qui étaient autrefois occupés par la Maison
des vins. Le projet avait été
rejeté parce qu'il ne tenait pas compte de la fonction résidentielle et qu'il
n'apportait pas de plus-value. Actuellement, un commerce
de produits alimentaires fins du Québec y est installé. Le promoteur souhaite développer des activités
complémentaires pour mieux faire
la promotion des produits du terroir. On
y trouverait une salle de réception,
des bureaux administratifs, des celliers et un café-bistrot.
Une terrasse devrait être aménagée pour l'été 2 000. La SODEC, afin de tenir compte des préoccupations des résidants, a
inclus dans le bail les trois conditions suivantes: (1) fermeture à 23h00; (2)
interdiction de vendre le fonds de commerce pour la durée du bail; et (3)
aucune musique extérieure. Ce projet amènera de l'air frais à la Place royale qui est
scandaleusement vide et inoccupée. Il vient aussi démontrer la possibilité
d’une convivialité commerciale‑résidentielle et il illustre qu'avec de
l'imagination cette place pourrait revivre;
en ce sens que l’on pourrait retrouver dans ce haut lieu touristique et
historique autre chose que des vendeurs de
«tee‑shirts» et de babioles fabriquées à l'étranger. |