Comité des citoyens du Vieux-Québec (CCVQ)

Organisme sans but lucratif dédié au maintien et à l'amélioration de la qualité de vie de ses citoyens et de son patrimoine

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Dossier Nouvelle Ville

 

MM-01-03

 

Mise en place de la nouvelle Ville de Québec

 

Dans le contexte de la création de la nouvelle Ville de Québec, nous ne sommes pas maîtres du calendrier ou des priorités.  Il nous importe de suivre le rythme que marque le Comité de transition qui, quant à lui, répond aux exigences que lui impose la Loi 170.

 

Or, ces jours-ci, trois sujets, dont les incidences se révèlent cruciales pour notre quartier, sont à l’ordre du jour : (i) la réglementation concernant la consultation du public ; (ii) la délimitation du district électoral incluant le Vieux-Québec ; et (iii) les pouvoirs et responsabilités de la nouvelle ville applicables dans l’arrondissement numéro 1 et, plus particulièrement, pour le secteur du Vieux-Québec. Nous avons donc récemment transmis nos préoccupations à cet égard au président du Comité de transition.  En voici les grandes lignes.

 

(I)              Concertation publique [Extraits remaniés de lettres transmises au président du Comité de transition]

 

Des représentants du Comité des citoyens du Vieux-Québec ont assisté aux rencontres d'information/consultation que vous avez effectuées dernièrement pour expliquer vos travaux et présenter les propositions qui en découlent.  Nous restons cependant très inquiets et perplexes.

 

Nous ne pouvons croire que la  donne en ce qui concerne la nouvelle ville puisse amoindrir (voire annuler complètement) les efforts que nous avons consentis  pendant plus de vingt ans pour que le Vieux-Québec soit sauvegardé comme ensemble patrimonial et, surtout, afin que ce quartier soit authentiquement «habité».  On se doit de réaliser que les pressions des développeurs touristiques, institutionnels et économiques y sont énormes ; que l'équilibre entre les différentes fonctions, qui est souhaité par l'administration municipale dans ses planifications et par les résidants et les commerçants, n'est jamais complètement acquis.  La qualité de vie qui fait la notoriété du Vieux-Québec reste fragile et elle  fait incessamment l'objet de luttes et de négociations perpétuelles.  Dans ce quartier, nous n'avons pas de répit...

 

À nos yeux, une réforme municipale qui vise notamment l'équité ne peut constituer un instrument que l’on utilise pour diminuer le processus de la démocratie municipale participative.  Une telle réforme devrait être perçue comme un modèle, surtout dans la capitale nationale, permettant de consolider des communautés viables où les citoyens sont véritablement et de plus en plus parties prenantes aux décisions.   Nous trouvons tout à fait inacceptable que les citoyens de ce que l’on désigne comme la «zone centre-ville régionale», dont le Vieux-Québec ferait partie, soient bâillonnés et deviennent de ce fait des citoyens  de deuxième classe, dans la mesure où ils n’auraient pas droit au processus référendaire qui est par ailleurs prévus pour  les autres citoyens de la nouvelle ville.

 

Nous comprenons la nécessité et l'importance d»établir, enfin, une «zone centre-ville» pour laquelle on pourra dégager une vision d'ensemble.  Nous demandons depuis des années à la ville de procéder ainsi. Toutefois, une telle  démarche n'a pas de sens si elle exclut les citoyens, si on abolit leur droit de participer au débat et à la décision publique. Un centre-ville ne doit pas être considéré  uniquement comme  un centre d'affaires.  Il est dangereux de chercher à appliquer le modèle montréalais à d'autres villes.  La réalité de Montréal est bien différente de celle de Québec où la fonction résidentielle est fortement présente dans le secteur que vous proposez de désigner comme «centre-ville régional».  Cette zone présente évidemment des enjeux qui transcendent le niveau local-local, nous en convenons.  D’où l’intérêt de cette notion de «centre-ville régional».  Mais, dans le cas du Vieux-Québec, il importe de tenir compte aussi des préoccupations locales.

 

De toutes façons, le processus référendaire n'est pas exécutoire dans sa première phase. Bien souvent, lorsque l’on procède aux signatures dans un registre dans le but de requérir un référendum, les villes revoient et modifient le projet concerné ou  les promoteurs prennent en compte les préoccupations des citoyens. Ce système permet d’équilibrer un rapport de force qui est souvent défavorable aux citoyens. Il ne s'agit pas ici de donner aux citoyens le pouvoir de bloquer systématiquement tout projet de développement.  Il s’agit plutôt de leur permettre de participer au débat.  Il  serait déplorable et néfaste de laisser la ville à la merci des promoteurs dont le premier objectif est généralement le gain financier, trop souvent au détriment du développement durable du centre-ville.

 

Conséquemment, nous vous demandons d'offrir à la future zone, qui  sera désignée comme «centre-ville régional», la possibilité de recourir au mécanisme  référendaire, tout comme on prévoit de l’appliquer à  l'ensemble de la nouvelle ville.  Le principe d'équité qui gouverne vos travaux devrait prévaloir aussi à ce chapitre.

 

Dans ce contexte, nous tenons aussi à vous souligner notre étonnement en constatant qu'une partie importante du quartier Saint-Jean-Baptiste se trouverait exclue du territoire de ce futur centre-ville régional.  Nous comprenons que cette délimitation s'inspire peut-être du schéma d’aménagement de la Communauté urbaine de Québec.  Mais on doit tenir compte toutefois du fait que ce schéma date de plus d’une quinzaine d’années.  La situation a bien changé depuis ; de nouveaux joueurs sont apparus et la dynamique est fort différente.

 

Enfin, nous comprenons que  vous suggérez le statu-quo en ce qui concerne les processus et les structures actuelles de consultation.  Ces mécanismes seront reconduits jusqu'à ce qu'une nouvelle politique soit adoptée par les nouveaux élus  dans un délai précis ; tout comme nous comprenons que ceux-ci auront l’obligation de procéder à l’adoption d’une politique à cet égard.  En conséquence, nous présumons que le Comité consultatif qui nous tient lieu de conseil de quartier restera  provisoirement en opération, tout comme les autres  conseils de quartier.

 

(ii)              Délimitation du district électoral

 

L'autre élément qui nous préoccupe est la délimitation du district électoral touchant le Vieux-Québec. Nous vous avons déjà fait parvenir, le 2 avril dernier, une lettre vous demandant de recourir dans ce cas à une mesure d'exception, comme le permet d’ailleurs la Loi ; et ce, pour tenir compte de notre faible densité de population et  afin de conserver une plus grande homogénéité.  Vous comprendrez notre étonnement en constatant qu’à  l'issue de ses travaux votre comité ne suggérait pas le recours à une  mesure d'exception pour la délimitation du district électoral comprenant le Cap-Blanc, le Vieux-Québec et la Colline parlementaire ; bien que vous acceptez une telle mesure pour la délimitation du district électoral du secteur de Lac Saint-Charles !  Sans compter que vous annexez une partie du quartier Saint-Jean-Baptiste dans le district électoral du Vieux-Québec.

 

Autre motif d’inquiétude... Vous avez indiqué lors de la rencontre d’information que, suite à des pressions, vous procédez actuellement à une nouvelle délimitation des districts électoraux de l’arrondissement qui nous concerne.  Devant notre insistance pour obtenir des informations sur cet exercice et sur les raisons pour lesquelles vous n'avez pas donné suite à notre demande, nous sommes restés complètement éberlués lorsque vous avez mentionné qu'on pourrait obtenir le poids électoral réglementaire tout simplement  en  "... grugeant jusqu'où il faut vers Sillery" !

Même si un district électoral ne constitue pas un quartier, il nous semble que l’on doive respecter une certaine  homogénéité en délimitant l’un et l’autre.  Il nous est difficile de saisir en quoi Sillery s'apparente aux réalités du Vieux-Québec ou aux contraintes de la future zone du «centre-ville régional» ; que ce soit au point vue physique, historique ou administratif.  De plus, le Vieux-Québec est classé comme site du patrimoine mondial et, de ce fait, il est caractérisé par des enjeux qui dépassent même la dimension du centre-ville, fût-il taxé de «régional».

 

À notre avis, le recours à une mesure d'exception pour la délimitation du territoire dans ce cas  ne saurait être abusive.  Il y a lieu de tenir compte des enjeux en présence ainsi que  des engagements du gouvernement du Québec et de la Ville de Québec à l’égard de la sauvegarde et de la gestion de  ce «bien mondial».  Nous réitérons, avec ardeur, notre demande de recourir à une mesure d'exception pour la délimitation du district électoral impliquant le Cap-Blanc, le Vieux-Québec Haute-Ville et Basse-Ville et la  Colline parlementaire.   Les arguments soulevés dans notre lettre du 2 avril dernier demeurent , à notre avis, pertinents.

 

(iii)            Compétences et responsabilités de la nouvelle ville s’appliquant au Vieux-Québec

 

Nous désirons vous souligner aussi l'importance que nous accordons à la répartition des compétences, particulièrement en ce qui concerne  le volet touristique.  Il ne saurait être question de considérer ce volet comme une simple question de développement économique.  Dans le cas du Vieux-Québec, il faut développer une approche de mise en valeur qui intègre l'ensemble des aspects et des activités du quartier, c’est-à-dire : l’équilibre des différentes fonctions (résidentielles, commerciales, institutionnelles, etc.) ; la satisfaction des besoins des différentes clientèles et des résidants sur une base équitable ; la réduction de la congestion et de la pollution ; la régulation de l'industrie touristique (amuseurs publics, bruits, autocars, événements, etc.) ; la définition de seuils d'accueil pour le tourisme, notamment pour les autocars ; en un mot, une approche qui  intègre aussi les préoccupations et les besoins des résidants et non pas uniquement les intérêts de l'industrie touristique.  En d’autres mots, il s’agit de considérer tous les éléments qui découlent des principes qui gouvernent les chartes mondiales en matière de tourisme durable et de mise en valeur des zones patrimoniales habitées.  Or, ces principes  ne sont pas encore pris en considération par des acteurs tels que l'Office du tourisme, qui visent, avant tout, à remplir les hôtels en toutes saisons. Vous comprendrez notre inquiétude.  C’est pourquoi nous insistons pour que la démarche en cours en matière de tourisme durable, qui est encore bien timide et difficile à mettre en œuvre -- compte tenu des lobbies de l'industrie touristique--, ne soit, sous aucune considération,  retardée ou même abandonnée avec l’avènement de la nouvelle ville.  Les enjeux sont énormes et il y a urgence d'agir.  À titre d'exemple, mentionnons que cette stratégie prévoyait la mise en place d'un circuit de navettes dans le centre-ville/Vieux-Québec en 2001. Ce circuit n'existe toujours pas et nous sommes en pleine saison touristique 2001.

 

Dans une perspective plus large, nous aimerions vous indiquer qu’il nous apparaîtrait déplorable que certaines dispositions de la charte de l’actuelle Ville de Québec ne puissent plus s’appliquer pour le secteur du Vieux-Québec dans le cadre de la nouvelle ville.

 

En effet, au fil des ans, la Ville de Québec, aussi bien par les efforts des élus qui l’ont administrée que par ceux de ses fonctionnaires, de concert avec de nombreux groupes communautaires dont nous sommes, a réussi, par diverses interventions auprès du gouvernement, à faire inscrire dans sa charte des dispositions qui lui sont particulières et dont certaines nous semblent cruciales pour cette portion du territoire qui nous intéresse.

 

Nous présumons que votre Comité devra examiner la possibilité et les modalités qui permettront d’appliquer à l’ensemble de la nouvelle ville ou à une partie de celle-ci toutes ou certaines des dispositions dont jouit l’actuelle Ville de Québec en vertu de sa charte ; sans compter les dispositions dont jouissent aussi d’autres villes de l’agglomération qui disposent, elles aussi d’une charte particulière.  En un sens, on peut concevoir qu’il s’agit là d’un problème d’ordre général.  Mais, dans ce contexte, nous désirons vous alerter sur le caractère particulier et sur les besoins spécifiques du Vieux-Québec, qui correspond par ailleurs aussi à un territoire désigné comme «site du patrimoine mondial».

 

La gamme des pouvoirs et des responsabilités, dont jouit l’actuelle Ville de Québec et qui intéressent particulièrement ce territoire, est vaste et elle englobe une multitude d’aspects depuis les modes d’exercice de la vie démocratique jusqu’aux diverses pratiques de l’aménagement du territoire.  Nous avons réalisé une liste, qui n’est certes pas exhaustive et que vous trouverez ci-jointe, de certains de ces éléments qui, à notre avis, devraient être préservés.

 

Ces dispositions, que l’on ne retrouve dans aucune loi particulière ou générale -- qu’il s’agisse de la Loi sur les cités et villes, de la Loi sur l’aménagement du territoire et autres -- constituent des acquis précieux et fondamentaux qui répondent aux caractéristiques et aux besoins particuliers de la Ville de Québec, et, plus spécifiquement, à ceux de cette portion de territoire que constitue le Vieux-Québec.  C’est pourquoi nous insistons auprès de vous afin que ces dispositions ainsi que les règlements qui y sont afférents continuent définitivement de s’appliquer au moins dans le secteur du Vieux-Québec au moment où seront ratifiées, par décrets ou par modification de la Loi 170,  les modalités finales permettant l’érection de la nouvelle Ville de Québec.

 

Ne pouvant reproduire ici une liste de plus d’une quarantaine de dispositions, nous soulignons les plus importantes, soit :

 

·     Création et fonctionnement des conseils de quartier – CH 186.1 ss;

 

·     Obligation d'adopter une politique de consultation publique – Ch 187.7;

 

·     Pouvoir de conclure des ententes avec la STCUQ pour la fourniture de services de transport en commun – Ch 315;

·     Pouvoirs de réglementer en matière de : permissions temporaires ; zonage par quotas ; plans de construction et  usages conditionnels ; cautionnement d'exécution des travaux visés par un permis ;  véhicules hippomobiles ;  artistes-peintres et portraitistes ; vente des produits des artisans sur la place publique ;  amuseurs publics ;  véhicules lourds et autobus touristiques ;  programmes d'aide et de subventions ;  soutien au développement économique;

 

·     Le pouvoir de limiter le nombre de permis ou de licences – 336-67

 

·     La préservation et la mise en valeur des biens faisant partie du patrimoine culturel et historique de la Ville et la création d'un fonds de préservation du patrimoine culturel et historique de la Ville – 383a;

 

·     Pouvoir de réglementer la circulation des autobus touristiques et des véhicules lourds à l'intérieur de l'arrondissement historique de Québec – 546.1;

 

·     Pouvoir de réglementer dans l'arrondissement historique l'aspect architectural et esthétique des immeubles et pour contrôler l'abattage et la plantation des arbres et arbustes – 548d;

 

 

MM-01-04

 

Du nouveau en ce qui concerne la concertation publique dans le cadre de la nouvelle ville

 

Dans notre dernier numéro de ce bulletin, vous vous souviendrez que nous nous inquiétions du fait que le Comité de transition, qui prépare actuellement la mise en place de la nouvelle ville, semblait retenir l’hypothèse de ne pas permettre le recours au mécanisme référendaire sur les questions de modification du zonage dans la future zone qui serait désignée comme le «centre-ville régional» ; c’est-à-dire une zone englobant le Vieux-Québec.  Dans la même veine, le maintien des mécanismes actuels de consultation, dont le Comité consultatif où le CCVQ intervient depuis de nombreuses années, n’était pas assuré.

 

Dans ces deux cas, il semble qu’il y ait lieu de ne pas perdre espoir.  En effet, Mme Louise Quesnel, qui est responsable de la dimension «vie communautaire» au sein du Comité de transition, nous a indiqué récemment par téléphone qu’elle transmettrait ces jours-ci une lettre au CCVQ où elle indique que le Comité de transition recommandera au gouvernement d’adopter un ou des décrets visant d’une part à ce que le mécanisme référendaire s’applique sur l’ensemble du territoire de la nouvelle ville et, d’autre part,  à ce que l’on maintienne le statu-quo pour ce qui est des processus et des structures actuelles de concertation, dont le Comité consultatif du Vieux-Québec/Colline Parlementaire/Cap- Blanc.  Ce statu quo serait maintenu jusqu’à ce qu’une nouvelle politique de concertation soit adoptée par la nouvelle ville.

 

Il y a lieu de se croiser les doigts et de souhaiter que le gouvernement donnera suite à cette recommandation du Comité de transition.

 

MM-01-05

 

Une suggestion récente du CCVQ acheminée à l’actuelle administration de la Ville de Québec...

 

Objet : Le surplus financier constaté en fin d’exercice constitue une rare opportunité pour poser un premier geste à l’égard du dossier des autobus touristiques.

 

Il y a quelques mois, le CCVQ a pris connaissance dans les médias que la Ville de Québec dispose d’un surplus financier de l’ordre de 30 millions de dollars.  Par la même occasion, le maire, monsieur Jean-Paul L’Allier déclarait judicieusement que cet argent appartient aux contribuables actuels de la ville et qu’il serait approprié d’en user pour des projets qui bénéficieront en premier lieu aux résidants qui ont contribué à l’accumulation de ce surplus.

 

Au début du mois d’octobre, le CCVQ a transmis une lettre à l’administration municipale, dont voici de larges extraits.

 

Le comité des citoyens suggérait d’utiliser une part de ce surplus à la réalisation de quelques-uns des investissements qui sont prévus depuis plusieurs années pour le projet des  infrastructures qui seraient nécessaires pour régler le problème que présente la circulation de trop nombreux  autobus touristiques à l’intérieur des murs du Vieux-Québec..

 

Le CCVQ rappelait que la Ville s’est donnée, suite au dépôt du Rapport Jean sur la problématique des autobus touristiques dans le Vieux‑Québec, une stratégie globale de gestion des autobus touristiques dans  l’enceinte du Vieux‑Québec.  Stratégie qui devait s’inscrire dans un plan global de valorisation du secteur et qui visait à permettre une meilleure jouissance des lieux à la fois pour les résidants et pour les visiteurs.  On mentionnait aussi que c’est dans ce contexte, en 1999, qu’un comité de suivi, composé des partenaires impliqués dans la solution à ce problème (industrie touristique, commerçants et citoyens) a été formé.

 

Le plan prévoyait qu’en 2005 on ne tolérerait dans le Vieux‑Québec que les autobus touristiques acheminant les visiteurs et leurs bagages dans les principaux hôtels.  Ce plan suggérait aussi que les tours de ville  dans le Vieux-Québec ne seraient offerts que par des transporteurs locaux disposant d’un permis municipal et utilisant des véhicules de petit gabarit.  On prévoyait par ailleurs diverses mesures : que les passagers de tous les autobus nolisés arrivant à Québec seraient accueillis à une gare ou à des débarcadères, situés à l’extérieur des murs mais à proximité des lieux d’intérêt d’où ils seraient ensuite guidés vers leurs destinations ; que des autobus urbains, eux aussi de petit gabarit et à prix modique, assureraient le déplacement continu des personnes (autant les résidants que les travailleurs et les visituers) sur l’ensemble du site ; que des liens piétonniers (mécaniques ou autres --  valorisation et amélioration des équipements existants et ajouts d’équipements éventuels) faciliteraient la circulation des personnes entre la Basse‑Ville et la Haute‑Ville.

Il était aussi convenu qu’en 2005 une réglementation encadrerait tous ces éléments du plan et qu’entre temps les composantes opérationnelles seraient graduellement mises en oeuvre par les partenaires sur une base volontaire.  La Ville devait aussi procéder à la réalisation de différentes études permettant de mieux circonscrire les impacts suscités par les moyens proposés afin de faire des choix pertinents quant aux infrastructures. Ces études devaient porter sur les éléments suivants : le développement d’un circuit de transport en commun adapté pour le centre‑ville ;  l’aménagement d’infrastructures d’accueil à l’intention des autobus touristiques dans le Vieux‑Québec (gare, débarcadères et parcs de stationnement de courte durée) ; impact économique sur les commerçants ;  et  l’élaboration d’une stratégie de «développement durable» pour l’industrie touristique.

 

Les résultats de ces études devaient être disponibles au milieu de l’an 2000, mais ils n’ont fait l’objet d’un premier dépôt au comité de suivi qu’en juin 2001.

 

Si les actions visant à réduire les inconvénients suscités par la circulation des autobus touristiques dans le Vieux-Québec  n’impliquent pas nécessairement toutes des investissements importants pour la Ville, il en va autrement pour les mesures qui  concernent la mise en place d’un circuit d’autobus urbains au centre-ville et d’infrastructures telles qu’une gare et des parcs de stationnement pour les autocars touristiques.

 

Les données préliminaires font état de coûts annuels récurrents d’opération pour le circuit de transport en commun au centre-ville  de l’ordre de 700 000 $ ; sans compter  l’achat d’autobus répondant à ce type de besoins (dimension des véhicules et mode de propulsion tenant compte de la topographie des lieux). Quant aux divers scénarios proposés pour la gare et les parcs de stationnement, ils font état d’investissements allant de 200 000 $ pour l’aménagement des parcs de stationnement actuels et jusqu’à 10,5 M$ pour la construction d’une gare touristique souterraine située près de  la Porte Saint-Louis.

 

Le CCVQ soutient que le premier facteur de succès pour la mise en oeuvre de cette stratégie implique d’abord l’offre d’un service de transport en commun alternatif ; et ce, avant même la construction d’une gare.  On pense ici à un service de transport en commun intra‑muros,  agrémenté ou non d'un volet découverte et exploration pour les visiteurs au moyen de cartes de repérage et de messages pré‑enregistrés.  Un tel service est prioritaire.  Il permettrait d’éliminer la pratique du ramassage des touristes à la porte des grands et petits hôtels.  Et, surtout, un tel service entraînerait une nette amélioration du transport en commun qui s’avère  plus qu'inadéquat actuellement à l'intérieur des murs,  puisque l’inefficacité du système actuel provoque un accroissement de l'utilisation des automobiles et, certainement, celui des autobus touristiques.

 

Ainsi, le CCVQ suggère à la Ville d’utiliser une partie des surplus accumulés pour mettre en opération ce type de service de transport public, même si, au cours des premières années, on ne pourrait pas utiliser un type de véhicule idéal.  Nous sommes persuadés qu’une telle mesure  aura à long terme des impacts positifs sur la qualité de vie des citoyens et aussi sur la qualité du produit touristique que la Ville pourra offrir à l’avenir.