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VIVRE
dans le Vieux-Québec Rapport
d’enquête Michel Simard Mai 2002 TABLE
DES MATIÈRES
INTRODUCTION Contexte
et objectifs
1 Méthode Plan du
rapport LA POPULATION
Evolution
démographique
2 Caractéristiques
sociodémographiques
4 LA VIE DE QUARTIER
Lieux de
vie
5 Liens
avec l’extérieur
8 Lieux
d’achat
8 LES INTÉRETS ET L’APPRECIATION DU QUARTIER Intérêts 10 Avantages
et inconvénients du quartier 10 Interventions
publiques13
CONCLUSION
15 ANNEXESIntroductionContexte et objectifsQui sont les citoyens du Vieux-Québec et que veulent-ils ? Ce sont là les deux questions auxquelles ce document tente de répondre, du moins partiellement. Plus précisément, trois volets sont couverts. Dans un premier temps, il s’agit de dresser le portrait sociodémographique des habitants du Vieux-Québec et ses trois composantes : la Haute-Ville, la Basse-Ville et Cap-Blanc; ensuite, de définir comment ces gens vivent dans leur quartier et leurs relations avec les quartiers environnants; enfin, d’évaluer l’appréciation des résidents par rapport à leur quartier et d’identifier les problèmes les plus urgents. Par ailleurs, l’étude vise à identifier les changements qui seraient survenus au cours des dix dernières années dans le profil ou les attentes des citoyens. Le rapport d’enquête de 1990 faisait état de certaines différences sociodémographiques entre la Basse-Ville et la Haute-Ville mais que les deux parties du quartier ne présentaient pas de différences pour ce qui était des préoccupations et considérations socioculturelles. MéthodeL’analyse s’appuie sur une enquête auprès des ménages du Vieux-Québec de même que sur les données des recensements. Le profil sociodémographique a été établi à partir des données du recensement de 1996, les résultats du recensement de 2001 n’étant pas disponibles. L’enquête a été réalisée par le biais de l’envoi d’un questionnaire inséré dans une édition de MursMurs à environ 3 800 logements du Vieux-Québec et de Cap-Blanc. Le questionnaire, présenté à l’annexe 1, comportait 50 questions et 186 variables. Au total, 351 questionnaires répondus et valides ont été saisis et compilés, soit un taux de réponse de 9,2 %. La marge d’erreur maximale sur une proportion est de 5,2 % pour un degré de confiance de 95 % (19 fois sur 20). Bien que le taux de réponse soit plus faible que celui de 1990, il se situe dans une fourchette normale pour une enquête postale; de plus, les valeurs calculées sont robustes. L’échantillon est assez représentatif du Vieux-Québec lorsqu’on compare ses caractéristiques à celles évaluées dans le recensement. Il comporte toutefois un léger biais lié à l’autosélection due au mode de contact choisi, la poste. L’échantillon regroupe davantage de gens scolarisés, de gens actifs, de propriétaires et de résidents plus anciens que la population globale du Vieux-Québec. De plus, le taux de réponse pour Cap-Blanc est très faible et les résultats ne sont pas significatifs pour ce sous-groupe. Ces éléments doivent être considérés dans l’interprétation des résultats. Plan du rapportLe document se divise en trois grandes parties. La première partie présente le profil de la population et ses caractéristiques démographiques et socioéconomiques : sexe, âge, migration, scolarité, emploi, revenu. La deuxième partie décrit le milieu de vie et les habitudes des citoyens du Vieux-Québec : lieux de travail, lieux fréquentés, lieux d’achats, provenance des amis et visites, participation aux événements et implication dans le milieu. La troisième partie traite des préoccupations des citoyens : leurs intérêts individuels, leur appréciation des conditions dans le quartier en matière d’habitation, de services, de patrimoine, de circulation, de stationnement, de tourisme, de bruit, de vie communautaire, les éléments prioritaires d’intervention, enfin leurs commentaires et suggestions. Les résultats détaillés sont présentés à l’annexe 2. La populationÉvolution démographiqueLes tableaux 1 et 2 présentent l’évolution de la population et du nombre de ménages du Vieux-Québec et de la ville de Québec. Les données du recensement de 2001 n’étant pas disponibles à ce jour à l’échelle des quartiers, l’évolution récente n’a pu être caractérisée. De façon globale, le Vieux-Québec a connu un dépeuplement au cours des années soixante et soixante-dix alors que sa population diminuait de plus de la moitié entre 1961 et 1981, soit de 10 300 à 4 100 personnes. Depuis 1981, la population du quartier croît de façon continue à un rythme modéré et ce, que l’on considère ou non Cap-Blanc. Comme la population de la ville de Québec (limites de 2001) est à peu près stable, la part relative du Vieux-Québec a légèrement augmenté entre 1981 et 1996. La croissance de la population du Vieux-Québec est essentiellement due à la construction de nouveaux logements dans la Basse-Ville. La population est en effet en baisse dans la Haute-Ville et Cap-Blanc alors que le nombre de ménages demeure à peu près constant. L’augmentation de population dans la Basse-Ville est survenue surtout entre 1981 et 1991, la croissance s’étant considérablement ralentie entre 1991 et 1996. La part de la Basse-Ville dans la population totale du Vieux-Québec / Cap-Blanc est ainsi passée de 12,8 % en 1981 à 26,8 % en 1996. La Haute-Ville comptait en 1996 pour 60 % de la population du quartier contre 70 % quinze ans plus tôt. La part de Cap-Blanc est passée de 17 % à 13 %. Par ailleurs, la structure davantage familiale de Cap-Blanc s’est estompée avec le temps, comme l’indique le nombre moyen de personnes par ménage qui a fortement diminué et tend à rejoindre la Basse-Ville et de la Haute-Ville.
Caractéristiques sociodémographiquesLe Vieux-Québec se démarque nettement de la population de l’agglomération de Québec[1]. De surcroît, les trois parties du quartier présentent des caractéristiques sociodémographiques différentes ou nuancées. Le Vieux-Québec apparaît comme un quartier à majorité masculine, habité par des adultes de 20-39 ans, plus anglophone, plus mobile, plus scolarisé, travaillant davantage dans l’administration publique et les services professionnels, comptant davantage de travailleurs indépendants et de locataires. La population du Vieux-Québec est donc nettement différente du profil général dans la région. Le tableau 3 permet d’apprécier les différences. La Haute-Ville se distingue des deux autres parties par une proportion moins grande des gens actifs qui ont élevé leurs enfants (40-64 ans), des revenus inférieurs à la moyenne de la région s’expliquant par une prédominance de l’emploi dans le commerce, l’hôtellerie et la restauration et un très faible taux de propriété.
La Basse-Ville présente les caractéristiques d’une population qui est venue s’établir plus récemment : masculine à 56 %, population active avec peu d’enfants, d’adolescents et de personnes âgées (5 % de moins de 20 ans, 9 % de 65 ans et plus), proportion plus faible de gens peu scolarisés, davantage de professionnels et de gens travaillant pour le gouvernement, plus de travailleurs indépendants, revenus élevés, plus de propriétaires qu’en Haute-Ville. Les différences sociodémographiques observées entre la Basse-Ville et la Haute-Ville dans le rapport d’enquête 1990 à partir du recensement de 1986 subsistaient donc en 1996. Cap-Blanc diffère par un profil plus traditionnel : femmes majoritaires, proportion moins grande des 20-39 ans et importance des personnes âgées (28 % de 65 ans et plus), population plus sédentaire, population moins scolarisée que la moyenne (41 % n’ont pas de diplôme secondaire), travaillant davantage dans les secteurs primaire, secondaire et apparentés aux cols bleus (industrie manufacturière, construction, transport, utilités publiques), et en contrepartie moins dans les secteurs apparentés aux cols blancs (administration publique, services aux entreprises, éducation, santé), une proportion importante de travailleurs indépendants, des revenus dans la moyenne régionale et un taux de propriété plus élevée que dans le Vieux-Québec Haute-Ville. Par ailleurs, l’enquête révèle qu’une partie quand même importante de la population du Vieux-Québec est migrante; ainsi, 21 % prévoient quitter le quartier d’ici 2 ans, ce qui est important compte tenu que les nouveaux résidents sont sous-représentés dans l’échantillon. À l’opposé, la majorité des répondants (60,1 %) se voit encore habiter le Vieux-Québec dans dix ans, surtout chez ceux qui sont établis depuis un certain temps. Autre fait marquant, un quart (25,7 %) de la population enquêtée a déjà habité le Vieux-Québec, est partie et est revenu y vivre. Une minorité de la population est née dans le Vieux-Québec (5 %), un quart (19 %) dans les quartiers centraux de Québec, un quart ailleurs dans la région de Québec (21 %), 55 % de l’extérieur. Autre fait à souligner : la moitié (50,6 %) des répondants sont des personnes visant seules et 30 % sont des couples sans enfants. La vie de quartierLieux de vieUne grande partie de la population du Vieux-Québec travaille dans le quartier ou à proximité. En effet, le tiers travaille dans le Vieux-Québec alors que 12 % ont leur emploi sur la Colline parlementaire ou dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, comme l’indique le tableau 4. La proportion de gens habitant et travaillant dans le Vieux-Québec est restée à peu près constante entre 1990 et 2000[2]. Par ailleurs, une autre partie importante travaille en périphérie, le pôle commercial et administratif de Sainte-Foy / Sillery, second en importance dans l’agglomération après le centre de Québec des résidents du Vieux-Québec. Tableau 4 Lieux fréquentés pour motifs spécifiques
Les gens du quartier se connaissent, surtout sur leur rue, et ont des amis dans le quartier à 72 %, soit un taux à peu près identique à celui de 1990 (73,5 %). Les résidents fréquentent en moyenne huit personnes dans le quartier, et connaissent une quarantaine de personnes en moyenne. Environ 41 % des habitants du quartier fréquentent parfois ou souvent les églises, un peu moins qu’en 1990 (46 %). De ceux-ci, 17 % vont à l’office à la basilique Notre-Dame-de-Québec, 10 % à l’église Notre-Dame-des-Victoires en Basse-Ville. Une proportion de 15 % fréquente une autre église, qu’il s’agisse de chapelles des congrégations religieuses à l’intérieur des murs ou des églises d’autres quartiers, notamment Saint-Roch et Saint-Jean-Baptiste. Les gens du Vieux-Québec se baladent et marchent dans leur quartier, à 89 % au moins une fois par semaine. De façon générale, ils se sentent en sécurité dans leur quartier, à 77 % en tout temps. Les gens se sentent en sécurité le soir mais près du quart (22,5 %) ne se sent pas en sécurité la nuit, particulièrement chez les femmes : une femme sur trois ne se sent pas en sécurité la nuit. Le sentiment de sécurité est identique à celui observé en 1990(77,2 % contre 77,3 %). L’été, une proportion de 15 % ne reste pas dans le quartier la fin de semaine alors que 5 % ne vivent pas dans le Vieux-Québec à la belle saison. La moitié des répondants ont indiqué avoir une auto dans leur ménage et 18 % deux autos. Un peu moins du tiers de la population locale ne possède pas d’auto. Pour les gens disposant d’une voiture, une moitié la garent dans leur stationnement privé, une moitié la garent sur la rue, un tiers utilisent les stationnements publics. Quelque 23 % des usagers de stationnement utilisent au moins deux types de stationnement. Tableau 5
Les résidents fréquentent de façon régulière une grande partie des lieux dans le quartier. Un écart de 10 % à 15 % de taux de fréquentation est toutefois observé entre la Haute-Ville et la Basse-Ville en fonction de la proximité du lieu; par exemple, les gens de la Basse-Ville fréquentent davantage le Petit-Champlain et la place Royale, alors que les gens de la Haute-Ville vont davantage sur la rue Saint-Jean et à la place D’Youville. Les lieux les plus fréquentés sont le secteur du Château Frontenac, la rue Saint-Jean, la place D’Youville, Saint-Jean-Baptiste en Haute-Ville, le Petit-Champlain, la place Royale, le marché du Vieux-Port et le quai du Vieux-Port en Basse-Ville. La secteur du Château et de la terrasse Dufferin est fréquenté tout autant par les gens de la Basse-Ville que de la Haute-Ville. Certains lieux apparaissent moins fréquentés, notamment vers Saint-Roch (Mail Centre-ville, côte d’Abraham, jardins Saint-Roch, carré Lépine), à la Colline parlementaire (boulevard René-Lévesque, Hôtel du Parlement, Citadelle) et certains endroits plus discrets comme le parc de l’Artillerie. Le carré Lépine, pourtant proche, n’est connu que d’une minorité. Liens avec l’extérieurLa fréquentation de Saint-Jean-Baptiste et le peu de fréquentation des lieux à Saint-Roch trouvent son corollaire dans les relations qu’entretiennent les résidents du Vieux-Québec. Ces relations se font en effet surtout la Haute-Ville / plateau Sainte-Foy puis avec des quartiers de la banlieue, peu avec la Basse-Ville, comme le montre le tableau 6. La moitié des gens du Vieux-Québec ont ainsi des relations d’amitié et des fréquentations avec les résidents de Montcalm / Saint-Sacrement et Sainte-Foy / Sillery; un quart avec les gens de Saint-Jean-Baptiste, et, dans une moindre mesure, un peu avec Limoilou, Beauport et Charlesbourg. Moins de 10 % des habitants du Vieux-Québec fréquentent des gens de Saint-Roch ou Saint-Sauveur. Les liens avec les populations semblent donc influencées avant tout par les affinités socioculturelles. Les résidents du Vieux-Québec reçoivent des amis ou connaissances au moins une fois par semaine dans une proportion d’un tiers (32,2 %) et au moins une fois par mois dans une proportion de plus d’un tiers (37,7 %). Ces visiteurs viennent le plus souvent en auto, puisque 62 % des répondants ont indiqué que plus des deux tiers de leurs visiteurs venaient en auto dans le quartier. Tableau 6
Lieux d’achatLes citoyens du Vieux-Québec font leurs achats tantôt dans leur quartier, tantôt à l’extérieur. La proximité est le motif essentiel des choix d’achat dans le quartier (à 89,9 %), la variété expliquant seulement 12 % des choix d’achat dans le quartier. La variété et les prix sont les deux facteurs expliquant les achats à l’extérieur du quartier. De façon générale, les habitants vont au dépanneur et au restaurant[3] dans le quartier pour des raisons de proximité. Ils achètent également leurs livres et disques dans le quartier mais dans ce cas, la variété est un facteur qui peut motiver leur choix. Les achats se font surtout à l’extérieur pour les articles de maison et mobilier, les services de santé (malgré la présence d’une clinique médicale et d’un hôpital), les soins personnels et les vêtements. Pour les services financiers et autres services, les résidents du Vieux-Québec choisissent pour moitié moitié leur quartier et l’extérieur, ce qui peut s’expliquer par les habitudes antérieures et les relations de confiance qui doivent exister en ce domaine. Les gens du Vieux-Québec font leur épicerie dans leur quartier dans une proportion de 40,8 %, ce qui constitue une baisse marquée par rapport à 1990. De plus, alors qu’en 1990, les habitants de la Basse-Ville faisaient leur épicerie à l’extérieur et ceux de la Haute-Ville la faisaient dans le Vieux-Québec, en 2000, le comportement des deux résidents des deux parties du quartier est à peu près identique. La qualité des produits, les heures d’ouverture et la courtoisie du personnel sont les éléments appréciés des résidents du Vieux-Québec lorsqu’ils achètent dans leur quartier. Par ailleurs, ils sont assez insatisfaits en ce qui a trait à la variété, aux prix, aux efforts des commerçants et aux efforts de la Ville pour améliorer la diversité commerciale, comme l’indique le tableau 8. Tableau 7
Tableau 8
Les intérêts et l’appréciation du quartierIntérêtsLes intérêts individuels des résidents du Vieux-Québec portent sur quatre axes principaux : l’environnement (espaces verts, environnement), la culture (histoire, architecture, arts, patrimoine), l’équité et justice sociale et l’image du quartier. Ces intérêts sont partagés par au moins la moitié des répondants, comme le montre le tableau 9. Les dimensions sociocommunautaires (éducation, festivals, famille, politique, vie communautaire) présentent par ailleurs un intérêt pour un tiers des répondants. Tableau 9
Avantages et inconvénients du quartierLe cadre bâti (logement, architecture, places publiques, entretien), les services publics (services culturels, sécurité publique, services municipaux, espaces verts, services de santé, école et services éducatifs) et les événements et festivals forment les éléments pour lesquels les citoyens du Vieux-Québec se montrent largement satisfaits, comme le précise le tableau 10. Le fait que le Vieux-Québec fasse partie du patrimoine mondial est pour eux source de fierté mais aussi d’engagement et de responsabilité face à la préservation de ce patrimoine. Les principaux attraits du quartier du point de vue de ses résidents sont la beauté du site, la proximité des services, le cachet historique et patrimonial et la vie de quartier. Ces éléments ont été spontanément identifiés (sans choix de réponse) par les répondants d’une manière ou d’une autre et à des proportions élevés, soit entre 40 % et 60 %. Le site, la proximité des services, le patrimoine et l’architecture avaient été également cités comme principaux avantages en 1990, mais à des degrés moindres[4]. La proximité du fleuve et le Vieux-Port, ainsi que la vie culturelle sont également cités comme avantages principaux du quartier. Tableau 10
En contrepartie, les résidents du Vieux-Québec se disent insatisfaits ou très insatisfaits de plusieurs éléments de leur vie quotidienne et de leur vie de quartier. Cette insatisfaction est essentiellement liée au transport et au tourisme : autobus touristiques (insatisfaction à 75 %), stationnement (67 %), circulation automobile (64 %), bruit (62 %), sécurité des piétons (46 %). Pour un certain nombre d’éléments, bien qu’une majorité de répondants se disent très ou assez satisfaits, environ un tiers se dit assez ou très insatisfait. Ces éléments concernent les terrains de jeux, l’itinérance, l’enlèvement de la neige, le transport en commun, l’achalandage touristique et les commerces. En corollaire, les autobus, le stationnement, le bruit et le tourisme apparaissent comme des inconvénients spontanément identifiés par une grande partie des répondants. Les problèmes semblent ressentis de façon plus prononcée qu’en 1990, peut-être à l’exception du stationnement. Les taxes et prix trop élevés, le manque de diversité des commerces et services et la violence sont aussi des éléments négatifs du quartier perçus par ses résidents. La violence est un élément qui n’avait pas ressorti en 1990. Tableau 11 Principaux attraits et inconvénients du Vieux-Québec
Tableau 12 Perception du tourisme par les citoyens
Le tourisme est vécu comme une contrainte assez forte de façon particulière et générale. Les gens du quartier perçoivent le tourisme comme très ou assez contraignant pour eux-mêmes personnellement à 37 %, ce qui est relativement élevé. Ils perçoivent la contrainte comme plus importante pour le quartier en général. Par rapport à 1990, le ressentiment de contrainte très élevée a un peu baissé, de 15 % à 11 %. L’aspect contraignant du tourisme est un peu fort pour les résidents de la Haute-Ville par rapport aux habitants de la Basse-Ville. En ce qui concerne la gestion publique du tourisme, les citoyens pensent que le tourisme et la vie de quartier peuvent être conciliés mais, pour 59 % d’entre eux, cela exige un contrôle rigoureux de la part des autorités, comme le montre le tableau 12. Interventions publiquesDans ce contexte, il est intéressant de noter que le taux de satisfaction envers la Ville de Québec se situe à hauteur de 70 %, soit une amélioration sensible par rapport au 53 % en 1990. Il semble donc que les efforts de rapprochement et les actions des représentants du quartier à l’hôtel de ville aient porté fruit et que les résidents jugent que la situation s’est améliorée. Par ailleurs, les résidents du Vieux-Québec évaluent la performance du ministère de la Culture et de la Commission de la Capitale nationale du Québec dans des proportions comparables (taux de satisfaction de 67 %). Ces évaluations comparables pourraient s’expliquer du fait que les citoyens ne distinguent pas nécessairement les compétences et actions des différents organismes. La satisfaction envers l’action du Comité des citoyens du Vieux-Québec est élevée, soit 81 %. Tableau 13
En fonction des insatisfactions exprimées, les citoyens estiment que la Ville de Québec devrait s’attaquer en priorité aux problèmes liés à la circulation lourde et bruyante (autobus touristiques mais également les camions et les motos), à la circulation (engorgement, partage de la chaussée), au stationnement et au développement de l’industrie touristique qu’il s’agisse de limiter l’effet des autobus, des bateaux, des hôtels, des commerces touristiques. De plus, les citoyens estiment que la Ville devrait faire des efforts pour attirer dans le quartier une population plus jeune. Tableau 14 Problèmes prioritaires à considérer
Quant aux attentes face à l’action du Comité des citoyens du Vieux-Québec, les résidents expriment également le besoin de considérer les problèmes liés au transport et au tourisme. Par ailleurs, et cette précision est importante, les citoyens estiment que le Comité de citoyens devrait être concerné par le zonage, qui constitue sans doute pour eux un instrument public de contrôle visant à répondre davantage aux besoins du développement de l’habitation et des services à la population et limiter l’expansion touristique. Si les citoyens ont indiqué avoir une vie communautaire et sociale qui semble remplie, la vie de quartier ressort comme une des priorités identifiées fortement par les répondants, également ici pour développer un quartier réel en rempart de sa transformation en centre d’interprétation. ConclusionLes résultats de l’enquête illustrent clairement comment les attentes de la population face à l’action des autorités publiques et le Comité des citoyens du Vieux-Québec découlent directement des problèmes qu’elle vit quotidiennement et qu’elle exprime de façon assez consensuelle. L’analyse des données du recensement a également montré comment les citoyens du Vieux-Québec forment une société distincte par rapport au reste de l’agglomération : scolarisés mais pas nécessairement plus fortunés, fiers de leur environnement urbain et patrimonial, intéressés par les dimensions culturelles et entendant demeurer longtemps dans leur quartier, malgré une migration importante et les inconvénients liés au transport, au tourisme et au bruit qui sont subis avec de plus en plus d’acuité. La nécessité de faire du Vieux-Québec un quartier habitable et vivant, requérant un équilibre avec l’industrie touristique, la circulation et le stationnement, apparaît l’objectif sous-jacent derrière les priorités identifiées par les citoyens et ceux-ci ont clairement exprimé que cet objectif ne saurait être atteint sans une intervention publique rigoureuse, constante et soucieuse de ses citoyens. [1] Région métropolitaine de recensement de Québec, telle que définie par Statistique Canada. [2] Le tableau 15 en fin de texte présente la comparaison de certains résultats des enquêtes de 1990 et de 2000. [3] La fréquentation des restaurants du quartier est restée élevée entre 1990 et 2000 (81,3 % contre 89,2 % respectivement). [4] Ces différences de valeurs peuvent être dues à des différences méthodologiques mais les résultats de l’enquête de 2000 semblent en général plus affirmatifs et consensuels. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||