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Dossier Démocratie municipale MM-99-04 La gestion urbaine participative au Brésil Le
24 août dernier, M. Raul Pont, maire de Porto Alegre a partagé avec certains
citoyens de Québec, lors d'une conférence, son expérience de démocratie
urbaine. Il a expliqué, entre autres choses, comment les citoyens de Porto
Alegre s’impliquaient concrètement dans la gestion du budget municipal. D'abord
il importe de savoir que Porto
Alegre compte 1 200 000 habitants répartis sur 470 Km² et que le niveau de vie
y correspond à celui des pays pauvres. La mobilisation des citoyens est donc
basée sur des préoccupations différentes de celles qui prévalent en des pays
plus développés. On se préoccupe par exemple de questions comme le
goudronnage des rues, la construction de logements visant à remplacer les abris
de fortune, la desserte en transport en commun, l’éclairage, la sécurité,
les écoles, etc.. Depuis
1989, date à laquelle on a mis en place la «démarche
de budget participatif», les recettes de la ville sont à la hausse.
Sans doute parce que jusque là, des sommes importantes n'étaient pas prélevées
par la taxation; parce que les élections donnaient lieu à toutes sortes d’«amnisties»;
et, aussi, parce que la corruption sous diverses formes imposait les règles du
jeu. Le
«budget participatif» consiste à
amener la population à décider de l'utilisation des surplus qui sont dégagés
à chaque année. On fixe des priorités, on définit des critères (établissant
des indices de pauvreté et divers degrés
d'équipement) de façon à déterminer quels quartiers profiteront des surplus
et à quelles fins. Le
cycle de la gestion budgétaire est fixé à une année.
On y réalise de nombreuses consultations dans les seize quartiers et
dans tous les secteurs de ces quartiers.
Par la suite, les discussions se poursuivent en assemblées
générales ainsi qu’au sein d'un comité directeur qui est
composé de quarante-deux citoyens élus sur la base des quartiers. L'an
dernier, 20 000 citoyens (résidents et commerçants) ont participé à cet
exercice de démocratie. Au début,
cet exercice interpellait davantage
les classes défavorisée; mais, graduellement, il a rejoint les classes
moyennes et même certains experts. Incontestablement,
ce cadre d’intervention permet aux citoyens
de participer activement à la gestion de leur quartier. Ainsi, l'an dernier,
les citoyens ont pu influencer directement des décisions impliquant 12 % d’un budget total de quelque 850 M$; tout en obtenant
par ailleurs une reddition de comptes détaillée portant sur
l'ensemble du budget. La
qualité à vie de Porto Alegre s'est améliorée depuis dix ans et on y assiste
à une véritable redistribution
des budgets publics en faveur des périphéries. Par ailleurs, Monsieur Pont a
souligné que ce mode de gestion est
complété par d'autres mécanismes tels que des comités consultatifs en matière
de planification et d'aménagement. Selon monsieur Pont, cette démarche ne
remet pas en question le rôle des élus. Elle
permet à la population d’exercer un certain contrôle sur les élus et elle
force l'administration municipale à rendre des comptes. Quelles
leçons peut‑on tirer d’une telle expérience pour Québec et pour le
Vieux‑Québec? Bien que le contexte socio‑politique du Brésil et du
Québec soient fort différents, il nous semble que trois aspects de l'expérience
de Porto Alegre pourraient être explorés par la Ville en vue : (i)
d’augmenter la participation des citoyens dans la gestion budgétaire; (ii) de
consolider la reddition de comptes par les élus; et (iii) de permettre la
formulation de critères pouvant éclairer
les choix budgétaires. Actuellement
à Québec, quelques citoyens, qui sont nommés
par l'administration municipale, participent à un comité consultatif sur le
budget. Pour améliorer les choses,
pourquoi ne diffuserait-on pas à l'ensemble de la population les prévisions
budgétaires détaillées par quartier ? Pourquoi,
une fois par année, les élus municipaux ne viendraient-ils pas expliquer, dans
chaque quartier, ce qui a été réalisé et pourquoi certaines prévisions
n'ont pas eu de suites ? Ne serait‑ce pas une bonne idée aussi de définir,
si ce n'est déjà fait, des critères permettant d’établir le type des dépenses
à engager dans chaque quartier ? Une
telle grille de critères ne pourrait-elle pas faire aussi
l'objet d’une consultation auprès des conseils de quartiers et des
comités consultatifs ? De cette façon, les citoyens seraient mieux en mesure de
comprendre et d’accepter les choix de l’administration municipale.
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