Comité des citoyens du Vieux-Québec (CCVQ)

Organisme sans but lucratif dédié au maintien et à l'amélioration de la qualité de vie de ses citoyens et de son patrimoine

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Dossier Autobus

 

MM-95-06

Par ailleurs, on a noté une augmentation du nombre d'autobus touristiques.  Les problèmes vécus par le passé se sont poursuivis à la Place d'Armes et ont augmenté partout ailleurs, notamment devant la cathédrale et l'hôtel-de-ville.  Malgré l'augmentation du nombre des répartiteurs et leur présence accrue, malgré la bonne volonté de certains transporteurs, la preuve a été faite qu'il est impossible d'avoir une gestion efficace des autobus touristiques :  ils sont trop nombreux, le terri­toire est trop restreint et les impacts causés dispropor­tionnés.  Des actions urgentes et énergiques devront être prises.

 

MM-95-07

Bilan de la gestion des autobus touristiques !

Comme nous vous l'avions dit avant les vacances, un comité spécial s'est réuni régulièrement tout au long de l'été pour surveiller l'application de la gestion des autobus touristiques.  Mme Claudette Blais représentait le CCVQ à ce comité.

Lors de la dernière rencontre, différentes statistiques  ont été remises aux membres relativement au nombre d'infractions, à la répartition des autobus touristiques par secteur, par semaine et par année.

En ce qui concerne le nombre d'infractions, il y a eu 137 constats entre le 19 avril et le 5 octobre, soit une augmentation de 50,6% par rapport à 1994.  Deux explications peuvent être données à ce phénomène.  Premièrement, les répartiteurs étaient plus nombreux, le nombre de secteurs surveillés plus grand et la période de surveillance plus longue.  Deuxièmement, le nombre d'autobus ayant augmenté sensiblement, les possibilités  d'infractions ont elles aussi augmentées.  Nous sommes toutefois convaincus, parce que nous en avons été témoin, qu'il y a eu dans les faits beaucoup plus d'infractions que les relevés ne le laissent croire.  Autre donnée intéressante mais toutefois inquiétante, 73 de ces infractions ont été commises par des entreprises québé­coises, soit plus de 53%.

En effet, on peut observer une augmentation notable du nombre de déplacements d'autobus touristiques dans le Vieux-Québec ce qui inclut également la Colline parlementaire.  Du début mai au début octobre, ce nombre est passé de  19 008 autobus en 1990 à 56 270 en 1995, soit une augmentation moyenne annuelle de près de 7450 autobus !  Notons cependant que ce pourcentage, quoique conforme à la réalité pour ce qui est des totaux, serait probablement moins grand si les périodes de comparaison étaient les mêmes.  En effet, depuis 1990, la période de surveillance a varié d'une année à l'autre.

Cependant, il est possible de faire une comparaison sur une base identique, soit pour la période du 14 mai au 30 septembre.  Ainsi, en 1995, 47 911 autobus touristiques ont circulé dans les rues du Vieux-Québec.  Pour cette même période, en 1994, il y en avait eu 40 695, soit une augmentation de 17,8%.  Si on répartit ces chiffres sur les trois secteurs névralgiques du quartier, on retrouve, pour cette même période, 26 177 autobus à la Place d'Armes, comparativement à 21 745 en 1994, soit une augmentation de 20,4% ;  16 613 autobus à la Place Royale, comparati­vement à 14 455 en 1994, soit une augmentation de 14,9% ;  et 5151 autobus devant la basilique, comparative­ment à 4495 en 1994, soit une augmentation de 13,9%.  C'est évidemment à la Place d'Armes que la concentration des véhicules est la plus importante avec 54,6% de tous les déplacements.

Quant à la période la plus achalandée, les données recueillies nous informent que le mois de septembre est le mois par excellence pour le tourisme d'autocars.  Ainsi, à la Place d'Armes, 27,6% de tous les déplacements de 1995 s'y sont produits en septembre.  Il en va de même pour les autres secteurs étudiés.

Ces statistiques nous renseignent également sur la provenance des véhicules.  Ainsi, en 1995, des 61 173 véhicules observés, 74,4% provenaient du Québec et 25,6% de l'étranger.  De plus, nous pouvons savoir que  79,4% de ce total était constitué d'autocars, soit 48 578 véhicules, 19,7% était des minibus et 0,9% des taxis.

J'arrête ici mes énumérations statistiques avant que vous n'en fassiez une indigestion !  Ces données plus qu'intéressantes font la preuve, par l'absurde, que l'analyse que le CCVQ fait de la gestion des autobus touristiques depuis plusieurs années est fondée.

Comme quoi les résidants sentent aussi bien les problèmes de leur quartier que n'importe quel analyste.  Leur expertise de la quotidienneté de leur quartier devrait être mise à profit et ils devraient être associés aux solutions !

De toute façon, les autorités municipales devront prendre des mesures énergiques, quel que soient les résultats de leur démarche auprès du Gouvernement du Québec quant à l'octroi de nouveaux pouvoirs en la matière.

 

MM-96-03

Vingt fois sur le métier...

Une séance de travail élargie du Comité consultatif du Vieux-Québec et du Cap-Blanc s'est tenue le 17 avril dernier.  Cette rencontre visait à faire le bilan de la gestion des autobus touristiques de l'été 1995 et à présen­ter la stratégie transitoire (encore !) 1996.

Dans un premier temps, les fonctionnaires munici­paux ont donc fait le bilan de la gestion 1995.  Déjà, dans le MiniMot du 13 octobre 1995, nous vous en donnions les grandes lignes.  Rappelons cependant quelques chiffres.  Du 14 mai au 21 octobre 1995, il y a eu 66 130 déplacements d'autobus touristiques dans le Vieux-Québec et sur la Colline parlementaire.  Ces déplace­ments représentent une augmentation de 35,4% par rapport à 1994.  Plus précisément, aux endroits où les répartiteurs effectuaient un contrôle des autobus touristi­ques on a noté une augmentation, pour 1995, de 26% des déplacements ou de 51% d'augmentation par rapport à 1994.  Au niveau des infractions, les agents de stationne­ment ont émis 137 constats d'infraction comparativement à 91 en 1994.  Plusieurs plaintes formulées par des résidants ont également donné lieu à des opérations particulières de surveillance policière dans la Côte de la Montagne, sur la rue Prince-Édouard et sur la rue Vallières.

La Ville de Québec a également distribué 3000 exemplaires du Guide à l'intention des chauffeurs d'autobus qui fait état des politiques et des règlements municipaux sur son territoire.  L'Association des transporteurs en a fait autant auprès de ses membres.

On se rappelle qu'un comité de suivi avait été mis sur pied afin de suivre au jour le jour l'évolution de la stratégie de gestion.  Ce comité s'est réuni à sept reprises, sans qu'il lui soit possible d'influer véritablement sur les inconvénients majeurs causés par ces déplacements, son mandat ne se limitant qu'à prévenir les dégâts.

La stratégie 1996 diffère peu de celle de 1995.  D'abord, une nouvelle interdiction de circuler pour les autobus sera mise en place sur le tronçon de la rue Ste-Famille situé au nord de la Côte de la Fabrique.  Un parc de stationnement temporaire de 25 espaces sera aménagé dans le secteur de la Haute-Ville à proximité du Vieux-Québec.  Les négociations en vue d'aménager une voie de refuge pour autobus sur la rue du Marché-Champlain seront complétées et une étude de faisabilité sera ef­fectuée sur l'aménagement d'un parc de stationnement permanent sous l'autoroute Dufferin-Montmorency.  Enfin, les autorités municipales demanderont aux agents de stationnement et aux policiers d'appliquer plus rigoureusement mais avec discernement la réglementa­tion municipale.

La séance de travail a permis de nombreux échanges, parfois orageux, entre les citoyens et l'industrie touris­tique.  Il ressort des discussions que des efforts supplé­mentaires devront être consentis de part et d'autres afin que des solutions durables soient apportées aux problè­mes soulevés.  Il est toutefois intéressant de noter qu'une certaine ouverture a été observée quant à la reconnais­sance de l'acuité et de l'ampleur du problème par les intervenants de l'industrie touristique.

Ce changement d'attitude n'est sûrement pas étranger à la demande de modification à la charte de la Ville de Québec qui souhaite obtenir du législateur plus de pouvoirs en la matière.

 

MM-96-04

Rencontre avec l'Office du Tourisme

Suite à la séance de travail du Comité consultatif du Vieux-Québec et du Cap-Blanc sur les autobus touristi­ques, M. Pierre Labrie, directeur de l'Office du Tourisme, avait proposé une rencontre avec les membres du CCVQ.  Cette rencontre avait pour principal objectif de mieux connaître la mission de l'office et d'échanger sur les enjeux du tourisme pour le Vieux-Québec.

Telle que présentée par M.  Labrie, la mission de l'Office, en tant que responsable de la concertation, d'agent et de porte-parole de l'industrie touristique, consiste «à contribuer activement à la prospérité écono­mique de l'industrie touristique en favorisant de façon coordonnée et intégrée son marketing, son développe­ment, l'accueil des touristes et l'information du milieu.»

En tant que service de la Communauté urbaine de Québec, l'Office tire ses revenus de 5,6 M$ notamment à même des contributions de la Ville de Québec, contribu­tions qui représente 41% de son budget.  Bien que chacune de ses décisions doive être entérinée par le Conseil des maires de la Communauté urbaine, le Conseil d'administration de l'Office est composé de 21 personnes dont seulement le tiers sont des élus.  À ce jour, l'Office regroupe 825 membres représentant toute l'industrie de la région de Québec.

Les objectifs que s'est donnés l'Office pour les prochaines années sont d'augmenter de 2% annuellement l'apport du tourisme dans la région;  d'étaler le tourisme sur toute l'année;  d'étaler ce tourisme sur tout son territoire;  d'accroître les retombées économiques;  de rééquilibrer le porte-feuille des clientèles par origine et par produit;  et de s'établir sur des marchés porteurs d'avenir.  Ces critères de performance tiennent essentiel­lement à la valeur des retombées économiques et com­merciales dans la région de Québec et aux retombées promotionnelles pour notre région.

Cette mission et ces objectifs tenant peu compte du milieu dans lequel ils s'inscrivent, les discussions qui ont suivi cette présentation ont été quelque peu animées, le sentiment général des citoyens présents étant à l'effet que l'Office n'avait que peu de considération pour les ci­toyens, notamment pour ceux qui habitent un quartier aussi touristique que le Vieux-Québec.  De par sa mission très spécifique et particulière, l'Office a les défauts de ses qualités.  Très efficace dans son domaine, l'Office considère qu'il ne peut éviter l'apparition des inconvé­nients habituels du tourisme sans par le fait même manquer à sa mission.  M. Labrie prétend que nos demandes dépassent son mandat, qu'elles sont dangereu­ses pour l'industrie qui doit composer avec les décisions d'aménagement passées qui ont permis la concentration des hôtels et des services touristiques (bars, restaurants, boutiques...) à proximité et au cœur du Vieux-Québec.

Quoi qu'il en soit, la rencontre s'est terminée sur un seul consensus, à savoir que les solutions ne peuvent être trouvées et mises en place qu'avec la collaboration de tous les intervenants.

Il faudra probablement sensibiliser les élus régionaux aussi bien que municipaux sur les enjeux liés au tourisme de masse.

 

MM-96-06

Autobus touristiques, suites...

Le 19 juin dernier, la Ville de Québec défendait, en commission parlementaire, la demande d'amendement à sa charte visant à restreindre la circulation des autobus selon le motif de leur déplacement.

L'opposition féroce de l'industrie touristique, notamment celle de l'Association des propriétaires d'autobus, a incité les parlementaires dont le ministre des Affaires municipales à ne pas adopter cette modification.

Cependant, conscients de l'ampleur des problèmes, les membres de la commission ont plutôt invité les autorités municipales et l'industrie touristique à reprendre le collier afin de trouver des solutions.  Advenant le cas où ces négociations n'aboutiraient pas à des progrès sensibles, ils ont invité la Ville à représenter sa demande à la reprise de la session.

C'est ainsi que le comité de suivi mis sur pied il y a trop d'années a dû reprendre ses travaux...  Dès la première rencontre de ce comité, sur lequel siège le CCVQ, le maire de Québec est venu personnellement réaffirmer la volonté municipale de régler le problème des autobus touristiques dès cette année.

Le CCVQ considère que le mandat de ce comité est trop réducteur de la problématique vécue, son mandat ne se limitant qu'à trouver des accommodements aux problèmes identifiés, sans que soit remise en cause la pertinence même d'accueillir en nos murs un nombre de plus en plus grand d'autobus touristiques.

Rappelons que le CCVQ ne défend pas les intérêts des résidants sous l'inspiration du syndrome « pas dans ma cour ».  Son action vise surtout la promotion d'une présence continue de résidants dans un quartier patrimonial, présence qu'il considère primordiale pour la survie du patrimoine dont nous sommes en partie dépositaires.  À quoi serviraient des pierres bien restaurées si elles ne pouvaient abriter la vie ?  N'est-ce pas notre vie de quartier, nos propriétés que nous sauvegardons coûteusement, notre patrimoine que nous mettons en valeur que les touristes viennent admirer ?  Nous sommes convaincus que, sans la présence d'une population résidante vigilante, le Vieux-Québec ne serait plus qu'un Disneyland médiéval !

Pour bon nombre d'entre nous, vivre dans le Vieux-Québec est un choix conscient.  Cela implique qu'il faille accepter certains inconvénients liés notamment à la présence d'activités touristiques et urbaines centrales.

Le CCVQ n'entend pas remettre en question la présence de ces activités.  Les résidants du Vieux-Québec ont fait la preuve, depuis bien longtemps, qu'ils forment une population non seulement accueillante mais aussi très tolérante.

Mais la patience atteint parfois ses limites.  Maintenir cette population résidante oblige un certain équilibre entre les fonctions résidentielle, commerciale et touristique.  Les déplacements sans cesse croissants des autobus touristiques constituent un péril pour le patrimoine et un irritant majeur au maintien d'une population résidante stable.

En décembre 1990, le CCVQ entreprenait une recherche exhaustive sur les citoyens du Vieux-Québec et sur leur perception de la vie dans leur quartier.  Avec un taux de réponses de 31,3%, les résultats de cette recherche se comparent très avantageusement avec n'importe quel sondage, fut-ce par Léger & Léger !

Analysée par M. Pierre Maranda, cette recherche mettait en lumière une véritable vie de quartier :  on connaît ses voisins, on y a et on y fréquente des amis et on y reçoit souvent des visiteurs.

Par ailleurs, le tourisme ne déplaît qu'à une minorité de résidants.  Les seules réserves qu'on exprimait étaient toutes attribuables aux véhicules motorisés :  la pollution visuelle, sonore, olfactive et l'encombrement des rues et des stationnements, donc le bruit, la circulation, les autobus...  Les problèmes reliés au stationnement étaient aussi ressentis comme très aigus par une majorité de résidants.  On déplorait également le peu d'efforts des élus municipaux quant à la sauvegarde de la qualité de vie et le développement résidentiel dans le quartier.

L'analyse se terminait par l'énumération des principaux attraits et inconvénients liés au fait de vivre dans le Vieux-Québec.  Parmi les attraits, on identifiait, en ordre décroissant, le cachet historique, la beauté du site, la proximité des services, l'ambiance, la proximité du fleuve, les restaurants, la vie de quartier et la vie culturelle.  Parmi les inconvénients, on identifiait le stationnement, le manque de services, le bruit, la circulation, le tourisme, le manque de verdure, les coûts plus élevés, la présence d'indésirables.

C'est sur la base de cette analyse, dont les résultats ont été confirmés périodiquement, que le CCVQ a poursuivi ses actions dont certaines ont déjà porté fruits.

Les solutions entourant les autobus touristiques devront s'inspirer de ces conclusions et prendre en considération la capacité d'accueil du Vieux-Québec, non pas en terme de chambres d'hôtels à remplir, mais plutôt en terme de respect du milieu offert aux touristes.  L'industrie touristique devra donc faire siens les principes soutenant l'écotourisme et devenir pro-active face au tourisme qu'elle accueille, notamment en connaissant mieux et en influençant positivement le produit touristique vendu hors Québec.

Ces solutions ne devront pas non plus exclure les actions qui devront être menées à l'égard du transport en commun, de la circulation automobile et du stationnement, ces éléments étant inter reliés.  Elles devront enfin concourir à une meilleure qualité de vie non seulement pour les résidants du quartier, premiers concernés, mais aussi pour tous ceux et celles qui le fréquentent soit en travailleurs, soit en visiteurs, soit en touristes.  L'administration municipale devra donc poursuivre ses actions dans ces domaines en ne perdant pas de vue l'inter relation des solutions qu'elle devra mettre en œuvre.

Il y a quelques jours, la Ville de Québec a redéposé la demande de modification à sa charte.  Le CCVQ appuie cette démarche et s'intéressera vivement à ce dossier au cours des prochains mois.

 

MM-96-07

Position du CCVQ

À la demande des autorités municipales, le CCVQ a été invité à présenter sa position officielle sur la gestion des autobus touristiques.  Discutée et entérinée par le Conseil d'administration, cette position a été présentée au comité de suivi qui regroupe tous les intervenants au dossier.  Les objectifs poursuivis sont les suivants :  réduire de façon substantielle le nombre de déplacements des autobus touristiques dans le Vieux-Québec ;  assurer l'accessibilité des passagers des autobus touristiques au Vieux-Québec en tant que produit touristique ;  atténuer les effets négatifs associés à la présence d'autobus touristiques.  Chacun de ces objectifs est appuyé par une série de recommandations et d'interventions particulières.  Cette position a fait l'objet de discussions, a été suivie d'une contre-proposition de la Ville de Québec.  Cette proposition est encore en discussion au CCVQ.  Nous y reviendrons !

 

MM-96-08

Indifférence ou malentendu ?

Le 22 octobre dernier, le maire suppléant de Québec, M. Claude Cantin, dévoilait la position de la Ville de Québec sur la gestion des autobus touristiques.  Prenant la parole dans le cadre de la Bourse du tourisme du Québec, M. Cantin annonçait que les représentants de l'industrie touristique, du Comité des citoyens du Vieux-Québec et de la Ville de Québec s'étaient entendus pour réduire en 1997 du tiers le nombre des déplacements d'autobus dans le Vieux-Québec.  Publiée sous forme de communiqué de presse, cette annonce affirme que le Comité des citoyens du Vieux-Québec serait partie prenante de cette solution de compromis.  Or, il n'en est rien !

En effet, le 15 octobre 1996, Mme Claudette Blais adressait à Mme Lynda Cloutier la position officielle du CCVQ.  Après avoir souligné l'intérêt de la proposition municipale et rappeler qu'elle devait « constituer le premier pas concret d'une démarche à plus long terme », notre présidente proposait certains ajustements concernant le déplacement des points de départs des autobus de visites touristiques et de l'établissement de zones de débarcadères.  Mme Blais terminait sa missive en appuyant « la demande de modification à la Charte de la Ville de Québec visant à améliorer son pouvoir de réglementation en matière de circulation ».  Sans répondre préalablement à ces commentaires formulés dans l'optique de bonifier le scénario de gestion proposé, les autorités municipales ont plutôt choisi la voie d'un communiqué de presse annonçant leur proposition initiale, sans en avertir le Comité des citoyens du Vieux-Québec, et dans le cadre d'un événement qui regroupe une clientèle qui, jusqu'à présent, s'est davantage préoccupée de ses propres intérêts, sans démontrer un véritable souci pour notre patrimoine et notre vie de quartier.

Suite à ces événements, Mme Blais s'est adressé directement à M. L'Allier pour lui réitérer nos réserves et pour l'assurer de notre appui si des résultats nettement plus substantiels étaient envisagés pour les années subséquentes et si la Ville poursuivait ses démarches auprès de l'Assemblée nationale afin qu'elle soit dotée des moyens et des pouvoirs nécessaires pour résoudre convenablement cette problématique.  Entre-temps, sous la signature de Mme Cloutier, la Ville de Québec faisait enfin connaître sa réaction à nos commentaires du mois d'octobre.  La position municipale ne changera pas.  Tout au plus, nous assure-t-elle que les mesures proposées ne constituent qu'un premier pas et qu'elles « seront obligatoires et l'encadrement et la surveillance nécessaires seront assurés ».  Elle annonce enfin que la Ville demandera le report de l'amendement à la Charte, puisque ces mesures peuvent être mises en œuvre dans le cadre des pouvoirs actuels.  Des efforts supplémentaires devront donc être faits pour convaincre nos élus de notre détermination.

 

MM-96-09

Gestion des autobus touristiques, la Ville cède

Le 5 décembre dernier, le maire de Québec, M. Jean-Paul L'Allier, invitait les membres du comité de suivi de la gestion des autobus touristiques à une réunion spéciale.

Il y a présenté un projet de lettre qu'il s'apprêtait à transmettre au ministre des Affaires municipales, M. Rémy Trudel.  Dans cette lettre, le maire annonce au  ministre son intention de reporter d'un an sa demande de modification à la Charte qui visait l'obtention d'un nouveau pouvoir municipal qui lui aurait permis de réglementer la circulation des autobus touristiques en fonction du motif de leur déplacement.  Rappelons-nous que, lors des discussions en Commission parlementaire, les élus nationaux avaient invité les parties à reprendre le dialogue et à trouver un compromis qui éviterait l'octroi de ce nouveau pouvoir.  Pour le CCVQ, aucun compromis n'a été trouvé à sa satisfaction.

Après quelques discussions sur le contenu qui reprend intégralement la position municipale d'octobre dernier, soit la stratégie transitoire 1997, M. L'Allier a invité les représentants de l'industrie touristique et ceux des citoyens à co-signer cette lettre avec lui.  Pour le maire, cette signature équivaudrait à un engagement de toutes les parties à atteindre les objectifs qui y sont énoncés.

Après en avoir discuté, le Conseil d'administration du CCVQ a résolu de ne pas signer cette lettre.  Les engagements qui y sont fixés sont trop timides face aux problèmes identifiés.  Ils consacrent une façon de visiter le Vieux-Québec qui est contraire à sa nature propre, à sa configuration géographique, au patrimoine qu'il contient et à la préservation d'une qualité de vie nécessaire non seulement pour maintenir une population résidante mais pour en attirer une nouvelle.  Les positions du CCVQ sont claires, argumentées et connues de tous depuis longtemps.  Elles sont respectueuses des enjeux identifiés, du patrimoine qui nous a été confié et de la place que doit occuper un tourisme durable dans nos murs.  M. L'Allier s'est cependant engagé à joindre la position du CCVQ avec la lettre signée par les autres partenaires.

Le CCVQ continuera néanmoins à siéger au comité de suivi afin non seulement de continuer son travail de sensibilisation et d'éveil mais aussi afin de s'assurer que l'évaluation de la stratégie 1997 se fera conformément à ses attentes et d'infléchir un jour la volonté politique.

 

 

MM-97-04

Autocars et autodestruction !

En décembre dernier, M. L'Allier invitait le CCVQ à signer une lettre qu'il s'apprêtait à transmettre au ministre des Affaires municipales.  Dans cette lettre, le maire annonçait au ministre son intention de reporter d'un an sa demande de modification à sa Charte qui visait l'obtention d'un nouveau pouvoir municipal qui lui aurait permis de réglementer la circulation des autobus touristiques en fonction du motif de leur déplacement.  Il y présentait également sa stratégie transitoire 1997.  Le CCVQ a refusé de signer cette lettre parce que les engagements qui y étaient fixés étaient trop timides face aux problèmes identifiés et ne présentaient pas une solution à long terme.  Ils consacraient une façon de visiter le Vieux-Québec, la visite en autocar, qui est contraire à sa nature propre, à sa configuration géographique, au patrimoine qu'il contient, à une visite intéressante qu'on peut en faire et à la préservation d'une qualité de vie nécessaire non seulement pour maintenir une population résidante mais pour en attirer une nouvelle.

Le CCVQ est d'avis que le recul de la Ville sur l'octroi d'un nouveau pouvoir à sa Charte a tout simplement donné le message à l'industrie touristique que les autorités municipales n'étaient pas vraiment sérieuses dans leur approche de gestion des autocars touristiques.  Ainsi, en l'absence de cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête, les partenaires touristiques requestionnent la stratégie avant même qu'elle soit mise en application dans sa totalité et manœuvrent pour réduire à néant les quelques améliorations obtenues de haute lutte au cours des dernières années.

De plus, les discussions entre la Ville et la Société Immobilière du Québec, gestionnaire des édifices de la Colline parlementaire, sont plus ardues que prévues quant à la construction d'un stationnement pour autocars touristiques dans le secteur.  Paraîtrait que le « bunker » n'est pas tellement d'accord pour voir des autocars sous ses fenêtres !  Tiens donc !  Le CCVQ ne serait-il plus le seul à se plaindre de la présence abusive de ces mastodontes !  Une solution temporaire, encore une !, serait expérimentée cet été.

Le CCVQ est également d'avis que les accointances entre les autorités municipales, au plus haut niveau, et les représentants de l'industrie touristique nuisent à l'atteinte de nos objectifs.  M. Labrie, président de l'Office du tourisme de la Communauté urbaine de Québec, subventionnée à plus de 40% par le Ville de Québec, ne nous a-t-il pas déjà dit que son seul mandat était d'augmenter le tourisme à Québec et qu'il n'avait pas, à cet égard, de préoccupations particulières en terme de développement durable ?  N'a-t-on pas appris également qu'une nouvelle firme de visites touristiques à pied avait dû se battre pour que l'Office offre aux grossistes en tourisme l'ensemble des produits touristiques de Québec, l'Office ayant pour politique de n'offrir que les visites en autocars ?  L'industrie touristique a malheureusement fait la preuve qu'elle était souvent là pour faire de l'argent à tout prix, quelles qu'en soient les conséquences, non seulement sur le produit touristique, mais aussi sur le milieu qui l'abrite.  Les autorités municipales sont les seules à blâmer dans la présente situation.  À défaut d'armes pour négocier, la Ville de Québec est maintenant à la merci de l'industrie !

Quoiqu'il en soit, si un autocar vous dérange ou que vous constatez qu'un autocar commet une infraction à la réglementation, portez plainte au 691-7997.  Cela nous aidera au Comité de suivi.

 

MM-97-05

Autocars touristiques

Peut-être que certains de vos visiteurs vous ont fait le même commentaire qu'un membre du conseil d'administration du CCVQ s'est fait servir par des amis étrangers en visite chez lui à l'effet que la présence des autobus touristiques en nos murs était une aberration !  Tiens donc !  Rien de surprenant, du moins pour nous !

Vous vous souvenez que la Ville, malgré nos inquiétudes et nos demandes relatives à des mesures plus permanentes et plus globales, a mis en œuvre une stratégie transitoire quant à l'accueil des autocars touristiques.  L'objectif premier de cette stratégie 1997 est de réduire de 30% le nombre de déplacements de ces mastodontes dans nos rues !  Les difficultés de mise en œuvre, le manque d'adhésion de certains intervenants et les résultats terrains observés confirment les réserves du CCVQ sur les résultats d'une telle stratégie.  Il y a fort à parier que l'objectif poursuivi ne sera jamais atteint !  La Place d'Armes est aussi encombrée que par le passé, des engorgements de circulation y ont été notés de même que devant le Clarendon.  Rue Pierre-Olivier-Chauveau, des plaintes ont été logées, notamment par des hauts-fonctionnaires du ministère des Affaires municipales qui toléraient mal la présence d'autocars sous leurs fenêtres et celle de nombreux touristes bloquant l'entrée du ministère !  De même, les abords de la Colline parlementaire et de la Grande Allée sont assaillis par de plus en plus d'autocars fuyants les restrictions imposées dans le Vieux-Québec, ce qui inquiète grandement les commerçants de ce secteur !

Cependant, l'industrie des visites touristiques considère, ô surprise !, que la situation s'est améliorée.  Pour nous le prouver, la Ville de Québec et l'Office du tourisme élaborent présentement des petits questionnaires pour sonder non seulement les résidants mais aussi les chauffeurs d'autocars, les guides et les touristes.  Le CCVQ a vu ces questionnaires.  Plusieurs questions nous semblent piégées, à tel point que nous nous questionnons sur la valeur des résultats de ces enquêtes.  De plus, cet exercice, dont l'approche dichotomique est favorisée par les autorités municipales, contribuera à mettre davantage en opposition les résidants et l'industrie touristique.  Pour le CCVQ, le tourisme d'autocars est un irritant à la vie du Vieux-Québec et à la qualité de la visite qu'on veut en faire et menace même ce qu'il prétend favoriser, notre patrimoine historique et architectural.

 

MM-97-07

Autobus touristiques

Le 10 octobre dernier, Mme Claudette Blais adressait à M. Jean-Paul L'Allier une lettre dans laquelle elle critique la décision de la Ville de Québec de poursuivre, une année encore, la stratégie transitoire de gestion des autobus touristiques.  Elle rappelle la position du CCVQ et sollicite une rencontre.  Une copie conforme de cette lettre a également été adressée à M. Rémy Trudel, ministre des Affaires municipales.

Pour votre information, MiniMot reprend ici le texte de cette lettre.

 

« Monsieur le Maire,

Le 22 septembre, lors de la dernière rencontre du comité de suivi de la gestion de la circulation des autobus touristiques, le Comité des citoyens du Vieux-Québec a appris avec étonnement, par madame Lynda Cloutier, que la Ville de Québec avait décidé de reconduire les mêmes mesures opérationnelles de gestion pour la saison 1998.

Cette décision a été prise sans que l'on procède à l'évaluation des résultats obtenus pour l'été 1997.  Selon les renseignements dont nous disposons, il s'avère d'ors et déjà acquis que la stratégie adoptée par la Ville de Québec pour l'année 1997 est loin d'avoir donné les résultats escomptés.  On nous avait promis de réduire de 33 % les déplacements d'autobus touristiques dans le Vieux-Québec.  À ce jour, nous n'aurions pas atteint la moitié de cet objectif, et cela, sans considérer les résultats du mois de septembre où l'affluence des autobus touristiques est la plus importante.

Nous regrettons que la Ville de Québec ne témoigne pas d'une plus grande détermination dans la recherche de véritables solutions aux problèmes créés par la présence et les déplacements d'autobus touristiques dans le Vieux-Québec.  La piètre performance obtenue cette année aurait dû être à la source d'un réalignement majeur des interventions.  Un constat s'impose :  les mesures volontaires et incitatives ne suffisent pas à réduire le volume des déplacements.

Nous réitérons notre demande pour que la Ville de Québec maintienne son intention d'amender sa charte afin de se doter des pouvoirs et des moyens nécessaires pour réglementer adéquatement les déplacements d'autobus touristiques dans notre quartier.  Tel que vous l'avez mentionné en Commission parlementaire le 19 juin 1996 : «« Ça fait des années et des années qu'on le demande, et les correctifs qu'on a appliqués n'ont pas été suffisants pour faire face au volume et n'ont pas freiné le volume¼ »».  Nous avons patienté un an de plus, mais les résultats nous démontrent le peu d'efficacité des mesures préconisées par la Ville de Québec et par les transporteurs.

Nous persistons à croire qu'une politique de gestion qui s'attarde davantage à solutionner les problèmes qu'à les prévenir comporte des risques importants quant au maintien et à la préservation du quartier historique.  Des critères rigoureux de seuil d'occupation et d'utilisation du Vieux-Québec, basés sur la capacité d'accueil physique de sa trame urbaine, sont nécessaires au maintien d'un cadre de vie urbain de qualité et à la réduction des impacts destructeurs que peut entraîner sur notre patrimoine bâti une offre touristique incontrôlée et basée principalement sur la visite de masse et sur l'apport de bénéfices à court terme.

 

Le Comité des Citoyens du Vieux-Québec est favorable à la découverte touristique du Vieux-Québec pourvu que son développement concoure à maintenir et à préserver, sur la base d'un développement durable, les caractéristiques intrinsèques de ce site du patrimoine mondial.  Le défi est de taille et les citoyens du Vieux-Québec ont toujours été disposés et prêts à mettre l'épaule à la roue. Nous connaissons vos inquiétudes sur la capacité d'absorption du Vieux-Québec intra-muros ainsi que vos convictions sur l'importance de préserver ce site du patrimoine mondial avec toutes ses valeurs historiques, culturelles, humaines et urbaines.  Comme vous l'avez clairement exprimé dans l'allocution d'ouverture du 4ième colloque international de l'Organisation des villes du patrimoine mondial, et nous y souscrivons pleinement,

«« ¼notre premier devoir, nous le devons à nos concitoyennes et concitoyens en favorisant l'éclosion ou le maintien d'un milieu de vie de qualité dans un environnement urbain historique.  À cette obligation sociale s'ajoute l'autre difficulté qui consiste dans la responsabilité de veiller à la conservation de structures urbaines importantes pour l'humanité ou d'une architecture prestigieuse en faisant face aux oppositions de toute nature et à des vues contradictoires provenant d'entreprises, de développeurs, de promoteurs ou de groupe de citoyens. »»

Nous apprécierions avoir l'occasion de vous rencontrer afin de pouvoir mieux comprendre et mieux concilier les orientations et les actions de la Ville dans le suivi de ce dossier.  Cette rencontre pourrait nous permettre également de discuter de l'avenir du comité de suivi sur les autobus touristiques, des changements qui pourraient être apportés tant au niveau du mandat que de sa structure et de son fonctionnement.  Dans l'attente de cette rencontre, nous vous demandons de surseoir à toutes décisions concernant les mesures applicables pour 1998.

La présidente

Claudette Blais »

 

À ce jour, seul un accusé-réception a donné suite à cette lettre.  En attendant une réponse plus étoffée, le comité de suivi continue ses travaux.

 

MM-98-02

Les autobus touristiques

 

À cet égard, la ville effectue actuellement le bilan de la dernière saison estivale.  Des résultats préliminaires révèlent que l’objectif de réduction des mouvements d’autobus que l’on avait fixée à 33% n’aurait pas été atteint.  Des difficultés de mise en oeuvre de cette politique auxquelles la ville et les partenaires touristiques ont eu à faire face pourraient expliquer cette situation.  La ville fera connaître sous peu  les résultats complets de l’étude d’évaluation.  Une autre affaire à suivre...  Préparez-vous quand même à sortir vos appareils photos pour l’été prochain...!

 

MM-98-04

LA SAGA DES AUTOCARS TOURISTIQUES...!

 

On a de la chance, la chasse aux autocars touristiques ne tire pas à sa fin...

En effet, rien ne laisse encore entrevoir un virage significatif dans la diminution des  mouvements d'autobus dans le Vieux-Québec. Et, pourtant, le CCVQ a commencé à sonner l’alarme dès 1991.

 

La ville a déposé récemment au Comité de suivi un bilan peu reluisant sur la gestion des autobus touristiques au cours de la saison de 1997.  Résultat : une diminution des mouvements d’autobus de 1%, quand on prévoyait que la nouvelle politique que l’on mettait alors à l’épreuve allait produire une diminution de quelque 33%. On misait beaucoup sur la relocalisation des points de départs des tours guidés de la Basilique et de la Place d'Armes vers le Centre d'accueil touristique maintenant localisé sur la rue Laurier.  On s’attendait à une diminution de 60% de ces déplacements.  Encore là, résultat : aucune diminution -- «zéro» %.

 

On enregistre même des hausses en ce qui concerne  les autobus nolisés (+11%).  Hausse aussi  des déplacements vers les sites touristiques (+22%). C'est surtout dans le plus fort de la saison touristique que la stratégie a été totalement inefficace; car une hausse majeure a été enregistrée en septembre et en octobre. Ce qui étonne, puisqu’on aurait pu s'attendre à une baisse, étant donné que les intervenants auraient pu s’ajuster au début de la saison; d’autant plus que le stationnement situé près du Centre d'accueil touristique était alors en opération -- ce qui n'était pas le cas en début de saison.

 

La Place d'Armes, qui constitue un lieu d'intérêt esthétique de premier ordre, demeure l'endroit le plus achalandé par ces mastodontes.  Et encore, certains intervenants proposent d'étendre le mal en face de la Basilique; donc de revenir au point de départ!

 

Les enquêtes d’opinions effectuées par la ville à la fin de la saison touristique montrent que les autobus touristiques représentent un irritant  pour les touristes et pour les gens de la région. Ceux-ci recherchent avant tout l'architecture, l'histoire et l'ambiance.  Ces enquêtes révèlent aussi que 46 % des résidents interrogés considèrent que la situation a été semblable à celle de 1996; alors que 16,8% parle de détérioration.

 

La ville a reconnu que la stratégie adoptée l’an dernier n'a pas donné les résultats escomptés. Face à ces constats , le CCVQ entend revenir à la charge et demander à la ville qu'elle intervienne auprès de l’Office du tourisme et des Congrès et auprès des autres partenaires de l'industrie afin qu'une réelle stratégie d'accueil des touristes, plus globale et plus complète pour l'arrondissement historique, soit définie et mise en place.  La  préservation de la qualité visuelle et sonore  doit constituer un objectif de premier plan.  En surexploitant la ressource, l'industrie touristique  altère et détruit lentement le produit touristique que constitue le  Vieux-Québec.

 

 La réglementation et son application doivent être beaucoup plus strictes et musclées.  Elle doit inclure le pouvoir pour le ville de réglementer les déplacements selon les motifs; pouvoir pour lequel la ville avait fait une demande de modification à sa Charte en juin 1996.  Cette demande a été suspendue suite à des pressions de l'industrie touristique et à un engagement de ceux-ci à changer les choses...!

 

Nous sommes convaincus que cet ajout à la Charte de la ville  est urgent, nécessaire et  incontournable.  Nous sommes aussi convaincus que l'implantation d'une navette au centre-ville -- demande que nous exprimons depuis plusieurs années dans le dossier de la circulation --  constitue un des éléments-clé de la solution.

 

Le CCVQ a offert une fois de plus à la ville son entière collaboration dans ce dossier.  Mais il faudrait que  l'ensemble des partenaires reconnaissent qu'il y a là un problème qui va au-delà de la seule réduction des irritants liés à la circulation.  Il faudrait aussi que des cibles claires et partagées soient établies quant à la redéfinition du produit touristique et quant à ses modes d’exploitation.

 

MM-98-06

Les autocars touristiques

 

Devant les piètres résultats obtenus au cours de l’été dernier dans la gestion du trafic dans le Vieux-Québec des autobus touristiques, la Ville a transmis au gouvernement une demande visant à réactiver l'inclusion dans sa charte d’un pouvoir de réglementation touchant la circulation des autocars touristiques. Bravo!  Mais la partie n’est pas encore gagnée.  Le CCVQ sera de toutes les tribunes et n’a pas l’intention d’abandonner la lutte sur cette question.  Un débat à cet effet est prévu pour l'automne prochain.  Affaire à suivre.

 

MM-98-07

La saga des autobus touristiques - suite ... et fin ?

 

 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SPÉCIALE

Modification de charte de la ville de Québec visant à régir les autobus touristiques

Le 23 septembre 1998

à 19 h 30

au parc de l'Artillerie

(adresse)

Votre présence est importante.

 

 

Après deux ans de valse hésitation, la Ville de Québec demande une modification à sa charte afin de pouvoir régir plus finement la circulation des autobus touristiques, notamment dans les murs du Vieux-Québec.  L'Assemblée nationale devrait étudier le projet de loi privé à la session d'automne.  D'ici là, les autorités municipales tiendront une consultation publique sur la question. [date si possible] .  Dans ce contexte, soucieux d'informer et de mobiliser ses membres et les résidants du Vieux-Québec, le Conseil d'administration du CCVQ vous convie à une assemblée générale spéciale le [date, heure et lieu].

D'inactions en faux-fuyants

Cette demande de modification s'inscrit dans une longue saga visant à protéger le patrimoine et le cadre de vie dans l'arrondissement historique, menacés par le trop grand nombre d'autobus touristiques.  Le CCVQ réclame depuis longtemps des mesures énergiques pour civiliser les déplacements de ces mastodontes.

Cet enjeu se trouve au cœur de nos préoccupations depuis plusieurs années, notamment depuis l'élections de 1993.  En effet, la mission du CCVQ n'est pas seulement de défendre les intérêts de la population du vieux quartier, mais aussi et surtout, de lutter pour la sauvegarde et la mise en valeur du morceau de patrimoine mondial que constituent, tel que défini par l'UNESCO, les sections historiques de la Ville de Québec.

Dès 1990, le CCVQ demandait de contenir la circulation des autobus de tourisme, en organisant différemment les tours de ville, en développant des circuits touristiques à pied, en utilisant des minibus plutôt que des autocars, en développant le transport en commun et en mettant sur pied des services de navette desservant les hôtels de la banlieue et de la périphérie pour amener les touristes aux abords de la vieille ville.  Huit ans plus tard, le problème n'est toujours pas résolu, mais s'est plutôt aggravé.  En effet, entre 1991 et 1996, le nombre de déplacements d'autobus touristiques à l'intérieur des murs a plutôt crû de 77 %, passant de (mettre ici les chiffres).

 

En 1996, soit six ans après les demandes initiales du CCVQ, l'administration L'Allier présentait une première demande de modification à sa charte afin de pouvoir « réglementer pour régir, restreindre ou prohiber la circulation de certains véhicules ou de certaines catégories de véhicules qu'elle détermine, en fonction du motif de leur déplacement. »  Cette modification est nécessaire puisqu'en vertu de ses pouvoirs, la Ville ne peut que réglementer tous les autobus de même gabarit.  Par exemple, elle peut interdire l'accès au Vieux-Québec intra-muros à tous les autobus de plus de 30 sièges, mais elle ne peut permettre l'accès à ceux qui se dirigent vers les hôtels et interdire ceux qui tournent en rond.

Suite aux pressions de l'industrie touristique, les députés de la Commission parlementaire chargés d'étudier cette demande, dont le ministre des Affaires municipales, ont invité la Ville de Québec et les représentants de l'industrie à s'entendre, faute de quoi ils étaient disposés à intervenir.

Les autorités municipales ont alors proposée une stratégie de concertation, intitulée Stratégie d'accueil des autobus touristiques.  Notez cette appellation :  pour la Ville et l'industrie touristique, il semble que ce soit les autocars qui engendrent les retombées économiques et non les personnes qui visitent !  Cette stratégie visait cinq objectifs :

-       réduire du tiers le nombre de déplacements d'autobus touristiques, soit de 45 000 à 30 000 pour la période entre le 15 mai et le 15 octobre ;

-       réduire les impacts négatifs sur la fonction résidentielle ;

-       permettre aux visiteurs d'apprécier les vues du Vieux-Québec ;

-       préserver l'accès aux commerces du Vieux-Québec ;

-       préserver la vitalité de l'industrie locale de visites touristiques.

 

Pour mettre un peu de pression sur l'ensemble des intervenants, M. L'Allier avait invité chaque intervenant à signer un engagement écrit qu'il a ensuite adressé au ministre des Affaires municipales.  Le CCVQ a refusé de cautionner cette stratégie et de signer cet engagement, convaincu que les seules mesures incitatives étaient largement insuffisantes et que ses objectifs étaient trop timides.  Le Comité considérait également comme essentiel que cette stratégie soit complétée par la volonté de l'industrie touristique de s'adapter à la réalité et au contexte géographique du Vieux-Québec et de proposer un plan global de développement axé sur les principe du tourisme durable.  De même, il souhaitait que la Ville présente un plan global de circulation et de transport pour notre quartier.  Enfin, les intérêts de l'ensemble de l'industrie touristique n'étaient pas considérés par cette stratégie

En résumé, la stratégie a conduit à la création de 8 débarcadères d'hôtels, de 6 débarcadères sectoriels pour les restaurants et les attraits touristiques, l'interdiction de stationner intra-muros, l'aménagement de 8 stationnements extra muros pour les autobus, l'aménagement du point d'embarquement pour les guides et du début des visites guidées devant le Manège militaire, l'installation d'une ligne téléphonique, des activités et des outils de communication.

De plus, un Comité regroupant différents intervenants, dont la ville, les transporteurs touristiques locaux, les guides, les citoyens dont le CCVQ a été mis en place avec le mandat de suivre l'application et l'évaluation de la stratégie.  Étaient absents de ce processus, soit par désintérêt :  les représentants de l'hôtellerie, de la restauration, des attraits touristiques; soit parce qu'ils n'ont pas été invités :  la STCUQ, les taxis, les entreprises de visites à pied.

Un des porte-parole du CCVQ au sein de ce comité, l'auteur de ces lignes a constaté que les représentants de l'industrie étaient davantage préoccupés de problèmes de quincaillerie (y a-t-il des toilettes pour les chauffeurs ? comment se fait-il que les répartiteurs de la ville ne peuvent s'exprimer en anglais du Texas ?), que par l'adhésion et la participation de tous à l'atteinte des objectifs visés.  En réalité, il apparaît que le secteur des visites touristiques en autobus a plutôt cherché à gagner du temps alors que le secteur de la restauration et de l'hôtellerie a joué à l'autruche.

Force nous est de constater que les objectifs visés, même minimaux, n'ont pas été atteints.  En 1997, alors que la fréquentation touristique de Québec est demeurée stable, (mettre ici des chiffres pour 1996 et 1997) le nombre de déplacements d'autobus a diminué de 0,7 %, passant de (mettre ici des chiffres) alors qu'on visait une réduction de 33 %.  Pour faire image, disons que x déplacements par jour représentent X déplacement à la minute.  De plus, les multiples points de vue du Vieux-Québec n'ont pas été protégés : tenter d'apercevoir le monument de Champlain depuis la place d'Armes demeure encore un exploit !  Et photographier la porte St-Jean est tout aussi difficile la vue étant obstruée par les autocars !

(peut-être mettre plus d'emphase sur les résultats statistiques de 1997)

Les conclusions tirées par la Ville lors d'une enquête démontrent que, bien que l'accessibilité aux commerces et aux hôtels ait été maintenue, la qualité de vie et de visite ne s'est pas améliorée, tant les citoyens que les visiteurs n'ayant noté aucune amélioration.  Incidemment, la circulation et les autobus touristiques constituent les deux facteurs affectant négativement ceux qui nous visitent.  Quant à la viabilité du secteur des visites touristiques, nul ne sait s'il y a eu détérioration, aucune donnée n'ayant été fournie par l'industrie.

L'Homo Historicus et l'Homo Visitarus

Les citoyens de la vieille ville, soucieux de préserver un habitat humain exceptionnel, ont depuis longtemps compris que les visiteurs de notre village recherchaient sensiblement les mêmes choses qui ont fait qu'eux-mêmes se sont établis ou sont demeurés dans le quartier.  Ce qui contribue à l'amélioration du cadre de vie des citoyens contribue en même temps à augmenter l'attrait des visites dans le Vieux-Québec.  Inversement, un troupeau d'autocars est aussi dommageable à l'expérience de visite et de séjour à Québec qu'à notre quotidien.

(Parler de la qualité d'acceuil des résidants, de leur grande tolérance, de leur appui au tourisme durable et aux touristes en général)

Certains intervenants commencent à le reconnaître.  Ainsi, Serge Filion, de la Commission de la capitale nationale du Québec et ancien président de l'Ordre des urbanistes su Québec, parle d'abcès qu'on ne peut plus laisser grossir sans rien faire.  Michel Bonnette, de l'Organisation des villes du patrimoine, note aussi une détérioration provoquée par la présence et l'affluence des touristes.

Pourtant, certains membres de l'industrie touristique ne comprennent pas encore.  Plus soucieux de défendre leur intérêts à court terme, ils tentent de nous faire avaler la couleuvre de leur propre manque d'imagination à développer un produit touristique de qualité, prétextant que l'Homo Visitarus veut un produit touristique à la saveur et à la vitesse de la restauration rapide.  Pour avoir été, un jour ou l'autre, Homo Visitarus, nous savons tous que la position des membres de l'industrie touristique ne tient pas.  Dans sa myopie, l'industrie touristique refuse de reconnaître que la capacité d'accueil du Vieux-Québec est saturée à certaine période et pour certain type de visite et que l'altération du centre historique par leurs activités ne peut que signifier le déclin de l'activité touristique à long terme.

L'industrie touristique doit refaire ses devoirs

Cette attitude laisse croire que l'industrie touristique veut faire du Vieux-Québec un parc d'attractions avec décor Nouvelle-France, consommation rapide de souvenirs, t-shirts et autres babioles bon marché, et circulation rapide en autocars de voyeurs bien climatisés et protégés des figurants !  Dehors ces résidants qui paient bien peu d'impôts fonciers et ne rapportent rien !  À croire que nous vivons d'amour et d'eau fraîche !

L'attitude des représentants de l'industrie touristique dans ce dossier est surprenante.  Après avoir adhérer à la stratégie, certains remettent en question l'objectif de réduire le nombre de déplacements des autobus touristiques, le cœur même du problème.  Alors que la position de la Ville par sa demande de modification à la charte est d'obliger les membres de l'industrie à respecter ce qu'ils se sont librement engagés à accomplir dans la cadre de l'approche autorégulée, les représentants des entreprises de visites et des guides touristiques se disent maintenant en désaccord.  De là à penser qu'ils n'ont jamais adhéré aux objectifs et se sont moqués des citoyens et des élus ...

Il est également bien étrange que les représentants de l'industrie locale de visites touristiques en autobus pointent toujours du doigt les opérateurs de tours et les entreprises de l'extérieur qui, selon eux, sont ceux qui ne respectent pas la réglementation.  Comment se fait-il alors que le nombre de déplacements d'autobus locaux de visites touristiques n'ait aucunement diminué alors qu'on avait visé une baisse de 60 % ?  Pourquoi, à chaque tour local du Vieux-Québec en autobus,deux véhicules entrent dans les murs et un même véhicule entre trois fois dans les murs et trois fois à la place d'Armes ? (voir l'article sur le sujet dans le dernier MURSMURS)  N'importe quel logisticien moyennement compétent est capable de réduire le nombre d'autobus qui passent par visite !

Qu'est-ce que c'est que ces tours de ville de 80 minutes, compris dans les grands tours du Canada en 10 jours, des Rocheuses à Percé.  En 80 minutes, petit tour d'autobus, comprenant repas par dessus le marché, et à bon marché s'entend - ces visiteurs sauront-ils seulement qu'ils sont venus à Québec ?  Est-ce ainsi qu'on entend maximiser les retombées économiques du tourisme ?  A-t-on des stratégies pour prolonger le séjour des visiteurs, pour les amener à accroître leurs dépenses ? Veut-on devenir un bazar du tourisme ?

Qu'est-ce que ces histoires de personnes du cinquième âge (sic), qui dépenseraient sans compter, achetant fourrures et bijoux (retour à la Nouvelle-France ?), incapables de marcher 50 mètres sur la terre ferme, mais qui descendent et montent bien des escaliers de navire de croisière ?  Combien sont-ils ?  Quel est leur âge ?  Combien dépensent-ils ?  Qu'achètent-ils ?  Où va-t-on les amener ?  Dans les manèges des Galeries de la Capitale ou dans le mail de Place Laurier ?  Mystère et boule de gomme.  En tout cas, pas à la place Royale, ils risqueraient de tomber, talons hauts sur nos vieilles pierres mal entretenues.  Ironique, pensez-vous.  Pas du tout, c'est le genre de salade qu'on nous a servi au Comité de suivi, beaucoup de perceptions, d'impressions, de préjugés et d'images, peu de chiffres et peu de faits.

Enfin, à quel jeu joue l'Office de tourisme et des congrès de la Communauté urbaine de Québec ? Y a-t-il là des gens qui ont une vision intégrée du développement touristique de la région et de son pôle d'attraction ? ou essaie-t-on simplement de couvrir les intérêts à court terme de certains des membres de l'industrie touristique ?  Inquiétant quand on vous dit que les données de fréquentation touristique ou de nuitées à Québec et dans le Vieux ne sont pas disponibles 6 ou 10 mois plus tard, alors que n'importe qui peut savoir, juste en faisant une recherche de 10 minutes sur Internet, le nombre de nuitées à Sept-Îles, il y a deux mois.  De qui se moque-t-on à la fin ?

À entendre les représentants de l'industrie touristique, Québec est une page quelconque du grand livre des opérateurs de tours, page que ces grands décideurs du tourisme vont à coup sûr déchirer si les autobus ne peuvent entrer dans le Musée de la Civilisation ou dans la rue aux Trésors !  Désolant de constater à quel point l'industrie touristique est de mauvaise volonté, manque d'imagination et de dynamisme, véhicule un discours misérabiliste, ne s'inquiète que pour ses intérêts à court terme, n'entrevoit aucune stratégie globale de développement touristique.  Incapables de voir la forêt, ses représentants n'ont d'yeux que pour le noeud de l'arbre.  Inquiétant pour l'avenir de cette industrie !

(conclure peut-être en invitant la Ville à faire le ménage dans l'industrie et à revoir les priorités de l'office)

Pour une vision de long terme :  patrimoine vivant ou centre de consommation rapide ?

En tant que citoyens, nous devons nous mobiliser pour appuyer la Ville de Québec dans sa démarche.  et pour que la modification à la charte soit adoptée par l'Assemblée nationale.  Rappelons-nous l'engagement de tous les candidats et de tous les parties politiques à cet égard.

Cette modification est nécessaire à la concrétisation de notre vision d'avenir du Vieux-Québec, ville historique ville vivante, pour reprendre le thème de la journée internationale des villes du patrimoine.

(Parler ou affirmer que le CCVQ ou son CA a ou aura un plan d'action dont la force sera d'autant plus grande que les membres se mobiliseront)

 

 

Il nous faut s'assurer que le devenir du Vieux-Québec, notre quartier et la partie du patrimoine mondial dont nous sommes dépositaires, s'inscrive dans les règles du tourisme durable, devant respecter les équilibres fragiles, les espaces écologiquement sensibles et culturellement vulnérables, le patrimoine culturel, et impliquant les habitants du quartier.  Et ce, même s'il faut briser les rêves de Disneyland d'une industrie touristique qui, plutôt que braire, devrait se questionner sur son avenir.

Au-delà de la gestion des autobus touristiques, c'est l'intégrité même du principal morceau de l'histoire du Québec et le principal attrait touristique au Québec qui doit être protégé de la prédation et de l'inconscience de certains membres de l'industrie touristique locale de Québec.

Membre de l'OVPM, l'Organisation des villes du patrimoine mondial, la Ville de Québec a participé aux débats du 4ième Colloque international des villes du patrimoine mondial qui ont conduits à l'Appel d'Évora en faveur d'un développement touristique soucieux de sauvegarder la vitalité et le caractère des villes historiques.  L'OVPM y invite les organisations touristiques et de transports à, notamment, « mettre en œuvre des mesures pour assurer la qualité de vie et le respect de l'identité culturelle des résidants en harmonisant les rapports entre les représentants de l'industrie du tourisme, les touristes et les autorités locales. »

Afin de préserver notre quartier, joyau du patrimoine mondial, participons et mobilisons-nous en grand nombre à l'assemblée générale spéciale du CCVQ, à la consultation publique de la Ville de Québec et aux audiences de la Commission parlementaire de l'Assemblée nationale.

 

MM-98-08

Un petit pas en avant dans la saga des autocars touristiques

 

Pour éviter un long rappel des événements et aussi pour revoir les arguments qui sont mis de l’avant par le CCVQ, le lecteur pourra se reporter à notre dernier numéro de MiniMot (vol. 7, n°7) par lequel on vous informait de la tenue par la Ville d’une assemblée de consultation sur ce sujet.

 

Bien que ce dossier n’évolue que très lentement, on peut dire que les perspectives sont bonnes.  Devant les piètres résultats obtenus au cours de l’été dernier dans la gestion du trafic des autobus touristiques dans le Vieux-Québec, Monsieur Lallier a indiqué au cours de cette assemblée de consultation que la Ville, si elle ne l’a déjà fait, entend transmettre au gouvernement une demande visant  l'inclusion dans sa charte d’un pouvoir de réglementation touchant la circulation des autobus et des minibus.  Les intéressés auront donc l’occasion de faire valoir leurs points de vue lors de la Commission parlementaire qui étudiera cette modification à la charte de la Ville.  Le dépôt de ce projet de loi privée est prévu pour le printemps prochain. Élections obligent...!

 

Pour la préparation du règlement que la Ville pourra adopter par la suite, Monsieur Lallier a suggéré la formation d’un comité consultatif spécial regroupant des représentants des groupes intéressés.  On attend donc le projet de règlement de la Ville.  Le CCVQ entend participer à cet exercice de consultation si les objectifs en sont clairs et partagés, s’il y a obligation de résultats; et, surtout, si on ménage un équilibre approprié dans la représentation des parties en cause.

 

Monsieur le Maire  a aussi indiqué que la Ville songe à adopter des mesures visant à contrôler le trafic lourd dans le quartier; particulièrement en ce qui concerne le gabarit et les horaires des camions de livraison ainsi que les autobus de la STCUQ.  Ces questions devraient être discutées dans le cadre d’un comité consultatif régulier.  N’hésitez pas à nous communiquer vos attentes et commentaires à l’égard de ces dossiers.

 

MM-98-09

LA SAGA DES AUTOCARS TOURISTIQUES : SUITE...!

 

La Ville de Québec organisait en septembre dernier une consultation publique portant sur un projet de modification à sa charte en vue de lui permettre de  régir la circulation des autobus touristiques sur son territoire.  On prévoyait que ce projet serait transmis au gouvernement avant les fêtes. Mais, les élections obligent; et le tout a été reporté au printemps de 1999.

 

Nous ne pouvons cacher notre déception. Car, avec la venue de la belle saison, on risque fort de revivre, encore une fois,  une situation qui est déjà bien connue.  On verra encore  les autobus touristiques bouffer l’espace, rythmer toute  notre vie de quartier, contraindre notre paysage au seul bénéfice des visiteurs, compétitioner avec les amuseurs publics, tout en embaumant de leurs effluves l'air des cafés-terrasses et des logements situés à l’étage. 

 

Ce retard malencontreux, qui affecte le dépôt de ce projet de modification à la charte de la Ville, signifie que l'on ne saurait réaliser aucun progrès en cette  matière au cours de l'été prochain.  Et ce sera le troisième été depuis que la Ville et quelques représentants de l'industrie touristique ont pris l'engagement de réduire de 33% les déplacements d'autobus à l’intérieur des murs. On sait qu'en 1997 la réduction du trafic des autobus n’a atteint que  1%.  Les résultats ne sont pas encore connus pour l’été de 1998; mais, à l’oeil, il y a tout lieu de croire que, encore une fois, on n’aura réaliser aucun progrès.

 

 

Le CCVQ juge que le statu quo est absolument inacceptable et demande à la Ville de poser, à court terme, un geste de bonne volonté démontrant son engagement à changer concrètement une situation qui est devenue intolérable.  On suggère en effet à la Ville de supprimer, pour l’été de 1999, le débarcadère de la

Place d'Armes, sauf pour la desserte du Château Frontenac.  Les résultats obtenus au cours de la saison de 1997 et ce que l’on a pu constater en 1998 démontrent l'urgence d'agir immédiatement sur ce site.

 

Par ailleurs, comme elle l’avait indiqué lors de la consultation publique de septembre dernier, la Ville s’apprête à constituer un groupe de travail qui se penchera sur cette question. Cet exercice pourrait s’avérer porteur d'avenir si l'ensemble des participants en arrivent à partager un même objectif.  Le problème ne se limite pas à une meilleure gestion de la circulation.  Il importe de viser évidemment la mise en valeur touristique du Vieux‑Québec.  Mais il faut aussi respecter les qualités patrimoniales, le cadre de vie des résidents et des travailleurs ainsi que la capacité d'accueil de ce quartier historique. N'est‑ce pas là un des grands objectifs que soutiennent la Charte du tourisme durable et l'Appel d'Évora, auxquels la ville de Québec souscrit.

 

Le CCVQ acceptera de participer aux travaux de ce groupe de travail si celui‑ci respecte de tels objectifs et si nos préoccupations  concernant la composition et le fonctionnement du groupe de travail,  sont prises en considération.

 

En effet,  le CCVQ questionne fortement l’idée d’une table de concertation comptant plus de vingt-cinq personnes. La taille envisagée pour cette table constitue à notre avis un défi insurmontable. On s’interroge aussi sur le déséquilibre de la représentation qui y est envisagée : au moins 70% des participants proviendraient de l’industrie touristique !  L’absence de certains acteurs qui manifestent des préoccupations concernant les questions qui seront abordées nous inquiète.  Nous pensons aux chauffeurs de taxi, aux caléchiers, aux entreprises de visites du Vieux-Québec à pied et à vélo, à Parcs-Canada, à la Commission de la Capitale nationale, aux citoyens de Saint-Jean-Baptiste, de la Colline parlementaire et du quartier Montcalm.  Pour solutionner en partie ce problème de déséquilibre dans la représentation, on pourrait envisager effectivement que seulement quelques représentants de l’Association de l’industrie touristique de la Capitale puissent siéger à la table de concertation au lieu du grand nombre de représentants des partenaires touristiques que l’on semble vouloir y accueillir et qui sont d’ailleurs membres de cette association.

 

MM-99-01

GESTION DES AUTOBUS TOURISTIQUES

 

«Scène 1, prise 5»  -  Le groupe de travail annoncé par la Ville se met en place.  Doit-on en attendre des résultats ?  Quand ?

 

Rappelons certains faits. Les autobus touristiques représentent un problème dans le Vieux‑Québec depuis au moins une quinzaine d’années et ils sont devenus une menace à l’intégrité de notre quartier et de son patrimoine.  Les citoyens réclament depuis longtemps une intervention

énergique de la part de la Ville.  Celle-ci, en accord avec  l’industrie touristique -- du moins les opérateurs de visites en autobus -- s’était fixée comme objectif, en 1996, de faire diminuer le nombre de mouvements des autobus touristiques dans le Vieux‑Québec : de 45 000 à 30 000.  Ce nombre tourne toujours autour de 45 000, depuis les quatre dernières années ; et on constate que la situation s’est même détériorée en 1998. L’industrie locale des visites touristiques, c’est‑à‑dire en fait trois entreprises, s’était engagée à réduire de 8 000 le nombre des mouvements qu’elle occasionne; soit la moitié de la réduction visée.  Or, on ne constate aucune réduction à cet égard.  Preuve que la stratégie de l’autogestion ne donne pas de résultats et que la sensibilité de l’industrie touristique face à la préservation du  patrimoine vivant et bâti du Vieux-Québec  -- qui constitue en fait la principale ressource de cette industrie -- reste peu développée, voire absente.

 

Dans ce contexte, la Ville entend  présenter à nouveau à l’Assemblée Nationale une demande de modification à sa Charte de façon à pouvoir réglementer plus finement les mouvements d’autobus touristiques dans le  Vieux‑Québec.  Ce changement législatif permettrait à la Ville d’adopter un règlement visant à gérer les autobus touristiques et leurs déplacements.

Lors d’une assemblée publique tenue le 29 septembre dernier, le maire L’Allier s’engageait à former un groupe de travail pour tenter, une n...ième fois, de régler le problème de la circulation des autobus touristiques dans le Vieux‑Québec. Pour l’occasion, la Ville a formulé comme but poursuivi par le groupe de travail celui de dégager un consensus avec les différents partenaires quant à la forme et les modalités que devrait prendre la réglementation envisagée.

 

Ce groupe de travail s’est effectivement réuni pour la première fois, le 28 janvier, en une séance de cinq heures; et il devrait déposer ses recommandations le 15 mars prochain.  Trois membres du conseil d’administration du CCVQ (Christine Gosselin, Monique Desrochers et Michel Simard) siègent à ce comité. Le Comité des citoyens de Notre‑Dame‑des‑Victoires (Place Royale) et le Comité régional d’action circulation (Québec) y  envoient aussi des délégués.

 

Arriverons-nous quelque part?

 

Ce groupe de travail n’est pas le premier du genre.  Déjà en 1987, la Ville de Québec mettait en place un groupe de travail semblable.  Mais, douze ans plus tard, on doit constater que la situation s’est, malgré tout, grandement détériorée.  Depuis ce temps, plusieurs représentants des citoyens se sont relayés au sein de ces groupes; de sorte que les discussions dans le cadre du groupe de travail actuel dégagent un air de déjà vu et, surtout, de déjà entendu...

 

Toutefois, il faut reconnaître qu’on a fait un autre pas dans la bonne direction et qu’un plus grand nombre des parties concernées par ce dossier sont maintenant présentes autour de la Table : Conseil des Monuments et Sites du Québec, Société historique, Parc Canada, Château Frontenac, Centre des Congrès, hôteliers, restaurateurs, etc.. Mais, en contrepartie, on doit réaliser que le rapport des forces en présence au sein du groupe de travail joue au désavantage des représentants de la population face à ceux des entreprises : six personnes sur quarante.

 

Prise 1...

 

Lors de sa première rencontre, le groupe de travail a eu droit à trois présentations, pertinentes en l’occurrence.

 

M.  Marc Des Rivières a présenté l’historique du dossier; avec une mise à jour des données de 1998 qui viennent confirmer le problème.  Ensuite, M. Jean‑Paul Desjardins est venu confirmer le déclin du tourisme de groupe dans le monde.  Ce qui se traduit par le fait que maintenant les touristes recherchent de plus en plus une expérience authentique de tourisme culturel, avec du vrai monde et dans de vrais lieux, plutôt que dans des Disneyland artificiels. Enfin, dernier sujet présenté, M. Yvan Robitaille a décrit diverses modalités de gestion de la circulation  des autobus touristiques dans certains milieux anciens. Il existe évidemment quelques villes anciennes où il est physiquement impossible de circuler en autobus; donc pas de problèmes.  Par ailleurs, plusieurs villes ont établi une réglementation pour limiter ou interdire la circulation des autobus touristiques en milieux anciens.  Il existe aussi des cas où une telle circulation n’est pas réglementé; dans de grandes villes comme Paris ou Londres, sauf dans certains secteurs  plus sensibles comme Montmartre.

 

Et c’est ainsi que l’on découpe le saucisson...

 

Pour que le groupe de travail en arrive à formuler des  solutions, on a formé cinq sous‑groupes, appelés tables sectorielles, qui regroupent des intervenants de l’industrie, des représentants de la Ville et ceux des citoyens.  Ces cinq tables, dont certaines ont déjà démarré leurs activités, se pencheront sur les thèmes suivants : (i) les tours de ville par des transporteurs locaux; (ii) les tours de villes par des transporteurs nolisés; (iii)  les congrès; (iv) les croisières; et, (v) la visite des sites et des attraits touristiques.

 

Chaque table doit analyser la situation dans son secteur et recommander des solutions  au groupe de travail.  Ainsi, à chaque table, ce qui est navrant, les représentants des citoyens doivent répéter et expliciter leur argumentation en ce qui concerne les situations qui posent problème  devant des représentants différents de l’industrie, qui se relaient en quelque sorte pour expliquer et justifier leurs façons de faire.  Il s’agit là d’une démarche qui  découpe la problématique en petits morceaux.  Arriverons-nous ainsi à reconstituer un saucisson qui se tienne?

 

MM-99-04

Les autobus touristiques dans le Vieux-Québec : le dossier est placé sur une voie de garage pour au moins cinq ans...!

 

Le CCVQ dénonce depuis de nombreuses années l'incurie de la Ville dans la gestion des autocars touristiques dans le Vieux-Québec. Des gens d'affaires ont également joint leur voix pour déplorer la dégradation de l'environnement urbain dans le Vieux-Québec qu’y suscitent les autocars touristiques.

 

La Ville de Québec possède déjà le pouvoir d'interdire la présence d'autobus sur ses rues secondaires et tertiaires. Actuellement par exemple, la rue Des Remparts est interdite aux autobus.  Mais, hélas, de nombreux citoyens ont pu voir, cet été, des autobus s'y engager allègrement.  La Ville peut également désigner des secteurs comme débarcadères; mais les opérateurs de tours ne s'en formalisent guère et ils prennent toujours leurs passagers n'importe où.  Résultat : un nombre sans cesse croissant d'autobus dans l'enceinte des murs et une dégradation de l'environnement urbain.

 

Au cous de cette année, la Ville a créé un groupe de travail sur les autobus touristiques.  Ce comité était constitué de plus de quarante personnes, incluant vingt-trois représentants des milieux d'affaires et six représentants des citoyens. [C’était là un bel exemple d’équilibre des forces!] Suite à une menace de boycottage des activités du groupe de travail par les représentants des citoyens, le président a modifié la formulation des  objectifs pour que l'on considère, enfin, comme un objectif à atteindre la diminution du nombre total d'autobus circulant dans le Vieux-Québec.

 

Les représentants du CCVQ (Christine Gosselin, Jean Rousseau et Michel Simard) ont rappelé, au cours des séances de travail de ce comité, que les opérateurs de tours s'étaient engagés volontairement en 1997 à réduire le nombre d'autocars et à limiter la prise des passagers à des endroits désignés. Les opérateurs n'ont pas respecté leur parole et l'engorgement du Vieux-Québec a empiré.  Pour remédier à ce chaos, le CCVQ appuie depuis longtemps la Ville dans sa demande au Gouvernement en vue de modifier sa Charte de façon à lui permettre de réglementer la circulation des autobus en fonction de la nature des déplacements et des types de clientèles visées. Ce pouvoir de réglementation pourrait être obtenu par la Ville après la tenue d'une commission parlementaire à l'automne.

 

Mais les opérateurs de tours refusent toute réglementation. Ils ont évoqué le risque d’une catastrophe pour l'industrie touristique. Selon eux, une telle mesure provoquerait des pertes d'emplois dans  les commerces. Les touristes ne viendraient plus à Québec, disent-ils, car ils devraient marcher; ce que  la vaste majorité  fait déjà.  Ou encore, autre argument fallacieux, des congrès seraient annulés car la ville serait considérée comme inhospitalière, puisque réfractaire au transport par autobus (sic).  Pour avancer de tels arguments, il faut méconnaître ce qui se pratique ailleurs, dans certains pays civilisés...!  Pas une seule fois la notion de patrimoine et l'attrait qu'exerce la beauté de Québec ne furent invoqués par les opérateurs.  Et, pourtant, il s’agit là de «leur produit touristique».

 

Les recommandations formulées par le président du groupe de travail, Monsieur Denis Jean, fixent à l'an 2005(!)  toute diminution du nombre d'autobus. Pour la période de 1999 à 2001, on procédera à pas moins de trois études : une étude des impacts économiques que pourrait entraîner la diminution du nombre d'autobus;  une deuxième étude portant sur les expériences étrangères en cette matière; et, finalement, une  troisième étude en vue de  définir «l'expérience touristique unique que doit constituer le Vieux-Québec.»  Ce n'est que suite à ces études et si les budgets le permettent que l’on procédera, peut-être, à la construction, à l'extérieur des murs, d'infrastructures permettant de recevoir les grands autobus et à l'achat d'autobus écologiques de petit gabarit qui feront la navette dans le Vieux-Québec.  Les rues Saint-Paul, Saint-André, Dalhousie et le boulevard Champlain se trouvent  exclus  de la zone d'intervention; malgré le fait que les problèmes y sont tout aussi aigus.

 

Fort malheureusement, le maire L'Allier a accepté ces recommandations avec enthousiasme le 7 juillet dernier.  Des recommandations qui ne modifient en rien  la situation actuelle. De plus, disons que ces recommandations ont le mérite de ne point offusquer  les opérateurs de tours, tout en donnant l'illusion que la Ville se préoccupe des attentes des citoyens. 

 

Le CCVQ tient à dénoncer l'inertie et le manque d'opportunisme de l'administration.  Pour donner un signal clair à l’industrie touristique, la Ville pourrait déjà poser des gestes concrets; si elle en avait le courage.   Par exemple, la circulation des autocars sur la rue St-Paul pourrait être interdite avec la réglementation actuelle.   Le débarcadère de la Place d'Armes pourrait être limité à l'espace longeant le mur du Château Frontenac.   Le projet d'une navette par minibus présenté par la STCUQ pourrait se réaliser demain matin au coût de $700 000.   De même, certaines politiques concernant le stationnement des autobus touristiques en dehors de la zone fragile que constitue le Vieux-Québec pourraient être appliquées dès maintenant; car les trois espaces de stationnement pour autobus de la rue Laurier, du parc Victoria et de la Gare Maritime sont sous-utilisés. Certains chauffeurs préfèrent stationner leur autobus illégalement plutôt que de payer $10 pour utiliser le stationnement Laurier! Il existe également des opérateurs de tours qui travaillent sans permis; entre autres, un minibus blanc aperçu à plusieurs reprises cet été sur la rue des Remparts et que certains de nos membres tentent d’identifier.

 

Armez vous de patience car, pendant les cinq prochaines années, à cause de leur inaction et malgré la profusion des autocars touristiques, nos élus nous parleront de tourisme durable et de la fierté de vivre dans une ville du patrimoine mondial!